RIVIERA · Hyères

Nature

Une journée entre les dieux et les remparts, au bout de la presqu'île

De la Grèce antique aux bastions du Pradeau, Giens se raconte à pied.

Hyères14 juin4 min
© © JB - Site d'Olbia ville d'Hyères

Pourquoi y aller

  • Site grec rare, médiation vivante et accessible
  • Randonnée familiale dès 6 ans, cadre naturel protégé
  • Retour en bus prévu, logistique sans contrainte

Il y a des matins où la presqu'île de Giens semble suspendue entre deux mondes. D'un côté, la rade ouverte sur la grande bleue ; de l'autre, les doubles cordons lagunaires qui font de ce lieu une anomalie géographique presque irréelle — une langue de terre rattachée au continent par deux bandes de sable, comme une île qui aurait renoncé à l'être tout à fait. C'est dans ce décor que, le dimanche 14 juin à 10h30, médiateurs du Parc national de Port-Cros et archéologues proposent une balade guidée hors du commun : une traversée du temps, depuis le sanctuaire grec d'Aristée jusqu'au fort du Pradeau, en passant par les garrigues et les mémoires enfouies.

Le point de départ est fixé boulevard d'Alsace-Lorraine, à La Badine — Giens. C'est là, dans ce quartier discret que les touristes traversent sans s'arrêter, que se cache le sanctuaire d'Aristée. Aristée, fils d'Apollon selon la mythologie grecque, était le dieu protecteur des bergers, des abeilles et des vergers — une divinité agricole et pastorale, moins connue que ses illustres parents mais profondément ancrée dans les pratiques rurales du monde hellénique. Que son culte ait laissé des traces ici, sur cette presqu'île varoise, rappelle que la rade de Hyères fut jadis un carrefour commercial et agricole d'envergure méditerranéenne, bien avant que les premiers hôtels Belle Époque ne fleurissent sur le front de mer.

Une visite animée, puis la route

La matinée commence par environ une heure trente de visite animée du sanctuaire. Le terme «visite-animée» dit bien ce qu'il veut dire : pas un cours magistral, pas une conférence debout sous le soleil, mais une médiation vivante, portée par des professionnels du Parc national de Port-Cros rompus à l'art de faire parler les pierres et les paysages. L'idée est de restituer le passé agricole et commercial de la rade — ses échanges, ses cultures, ses croyances — à travers un site qui en est l'un des témoins les plus discrets et les plus précieux.

Puis vient la randonnée. Deux heures trente environ pour rejoindre le fort du Pradeau, dont une heure trente de marche effective et une pause d'environ une heure pour le pique-nique tiré du sac. Le fort du Pradeau, lui, appartient à une autre époque — celle des défenses côtières, des guets et des canons, des siècles où la rade de Hyères était aussi un enjeu stratégique. Voir ces deux héritages se répondre dans une même journée, à travers le même paysage, c'est comprendre que Giens n'est pas seulement une presqu'île belle : c'est une presqu'île qui a de la mémoire.

«Mieux comprendre la presqu'île de Giens et son écosystème» — c'est l'ambition affichée par les médiateurs du Parc national de Port-Cros, et on les croit volontiers.

Ce qu'il faut savoir avant de partir

La balade est ouverte à partir de 6 ans, avec présence obligatoire d'un adulte pour les enfants. Ce n'est pas une excursion de tout repos — le terrain de la presqu'île peut être accidenté, exposé, et juin en Provence, c'est déjà l'été. Les organisateurs sont clairs sur les indispensables :

  • Chaussures adaptées à la randonnée
  • Eau en quantité suffisante
  • Pique-nique tiré du sac (la pause est prévue dans le programme)

Le retour est organisé depuis la Tour Fondue, au niveau du fort du Pradeau, par la ligne de bus 67 — une navette toutes les dix minutes, ce qui permet de souffler sans stress logistique. Pour toute information complémentaire, les équipes du Parc national répondent à l'adresse fortdupradeau@portcros-parcnational.fr.

Ce genre de journée, on ne la fabrique pas. Elle existe parce que la presqu'île de Giens est l'une de ces rares géographies où chaque couche de temps — grecque, médiévale, naturelle — affleure encore à la surface. Il suffit de marcher, d'écouter, et de ne pas oublier son pique-nique.

← Tous les événements