RIVIERA · Bormes-les-Mimosas

Nature

Parc Gonzalez : la flore australienne sur les terrasses de Bormes

Une visite guidée rare, gratuite et limitée à vingt personnes, au cœur d'un jardin singulier.

Bormes-les-Mimosas5–7 juin4 min
© ©benoitautenzio

Pourquoi y aller

  • Visite gratuite, jauge limitée à 20 personnes
  • 500 espèces australiennes sur terrasses en pierre
  • Vues panoramiques sur la mer dès 8h

Il y a des matins à Bormes-les-Mimosas où l'on comprend sans effort pourquoi la ville porte ce nom. L'air est déjà chargé d'une douceur particulière, le soleil frappe les murs de gneiss dorés, et quelque part au-dessus du boulevard du Soleil, des jardins en terrasses débordent sur des escaliers escarpés comme s'ils n'avaient jamais eu l'intention de rester sages. C'est là, dans cet espace suspendu entre la pierre et le ciel méditerranéen, que se trouve le parc Gonzalez — un lieu que la plupart des visiteurs de passage ne soupçonnent même pas.

Un legs, un paysagiste, et cinq cents espèces

L'histoire du parc commence par un geste généreux : les héritières de la peintre Roberta Gonzalez lèguent son ancienne résidence d'été à la ville, avec la volonté qu'elle s'ouvre au public. Bormes confie alors la transformation du terrain au paysagiste borméen Gilles Augias, spécialiste des plantes australes. Sa réponse est radicale et cohérente : il installe des végétaux d'une grande rareté, choisis pour que leurs floraisons se succèdent sur les quatre saisons sans interruption. Le climat méditerranéen se révèle un allié inattendu pour cette flore venue d'un autre hémisphère, et aujourd'hui près de 500 espèces s'épanouissent sur les terrasses, débordant des murs de pierre et des bordures d'escaliers.

Le parcours chemine parmi des collections d'acacias, d'eucalyptus et de grevilleas. Les banksias, hakeas, melaleucas et érémophilas composent un foisonnement végétal où palmiers, agaves et aloès ont aussi trouvé leur place. Près de la maison, dans une atmosphère plus ombragée et humide, des fougères et des orchidées prospèrent en retrait du plein soleil. Et partout, en saison, les fleurs jaune d'or des mimosas illuminent l'ensemble d'un éclat familier — celui qui a donné son surnom à la ville entière.

« Des végétaux d'une grande rareté, ayant des floraisons échelonnées sur l'ensemble des quatre saisons. » — Présentation du parc Gonzalez par la ville de Bormes-les-Mimosas

Trois jours, vingt visiteurs, une flore atypique

Les 5, 6 et 7 juin 2026, le parc Gonzalez propose une visite guidée consacrée à la découverte de cette flore australienne atypique. La jauge est volontairement limitée à vingt visiteurs — une contrainte qui, loin d'être un inconvénient, garantit une expérience d'une autre qualité : le temps de s'arrêter, de poser une question, de regarder un grevillea de près sans que personne ne vous pousse dans le dos. La visite est gratuite. Elle débute à huit heures du matin, heure à laquelle le parc appartient encore à ses propres ombres et à la lumière rasante qui fait ressortir les textures des feuilles et des écorces.

Le boulevard du Soleil, adresse du parc, porte bien son nom à cette heure-là. Depuis les terrasses supérieures, des vues spectaculaires s'ouvrent sur la mer — le golfe de Bormes, le massif des Maures en arrière-plan, et plus loin, par temps clair, les îles d'Hyères qui flottent à l'horizon comme une promesse. Ce cadre visuel est indissociable de la visite elle-même : on ne regarde pas seulement des plantes, on les regarde dans leur contexte géographique, ce qui change tout à la façon dont on les perçoit.

Pour qui s'intéresse à la botanique, à l'horticulture méditerranéenne ou simplement à la façon dont un lieu peut être réinventé par une vision cohérente, ce parc constitue un cas d'étude vivant. Pour les autres — ceux qui viennent simplement pour la beauté du lieu —, il y a largement de quoi justifier le réveil matinal. Bormes-les-Mimosas est l'un des villages les plus fleuris de France depuis des décennies, et le parc Gonzalez en est, d'une certaine manière, la version la plus ambitieuse et la moins connue.

La réservation s'impose, la jauge étant ce qu'elle est. Toutes les informations pratiques sont disponibles sur le site de la ville, à la rubrique jardins et patrimoine. Vingt places, trois matins, une flore venue de l'autre bout du monde — acclimatée, prospère, et visiblement très à son aise sur les terrasses de gneiss de Bormes.

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