RIVIERA · Fréjus

Nature

Sous les cèdres de la Villa Marie : une promenade botanique à Fréjus

Le 6 juin, les jardins à la française de la Villa Marie ouvrent leur mémoire végétale

Fréjus6 juin4 min
© © Ville de Fréjus

Pourquoi y aller

  • Jardin à la française de 2 ha sur site romain
  • Essences rares : cèdres, magnolias, sophoras pleureurs
  • Visite guidée le 6 juin, cœur historique de Fréjus

Il y a des jardins qui se visitent, et d'autres qui se lisent. Celui de la Villa Marie, à Fréjus, appartient à la seconde catégorie. Deux hectares dessinés à la française, posés sur une ancienne plateforme romaine qui bordait le port antique de Forum Julii — comme si le temps, ici, avait simplement décidé de s'installer confortablement, couche après couche, sans jamais effacer la précédente. On entre par l'avenue Aristide Briand, on lève les yeux, et la canopée prend le dessus.

C'est dans ce cadre que se tiendra, le samedi 6 juin à 14h, une visite botanique guidée des jardins de la Villa Marie. L'événement est organisé dans le prolongement naturel du lieu : la villa abrite aujourd'hui la médiathèque de la ville, et c'est donc l'institution culturelle de Fréjus qui ouvre ses portes — ou plutôt ses allées — à ceux qui souhaitent comprendre ce que la terre provençale a accepté d'accueillir, au fil des décennies, comme essences venues d'ailleurs.

Un jardin entre Méditerranée et horizons lointains

La Villa Marie est une grande demeure bourgeoise du début du siècle dernier. Le jardin qui l'entoure reflète une esthétique très caractéristique de la Côte d'Azur à son âge d'or : ce mélange savant entre la rigueur formelle du jardin à la française — parterres, allées rectilignes, bassin, statue de style classique — et une curiosité botanique presque encyclopédique pour les espèces venues des quatre coins du monde. C'est précisément cette tension, entre ordre et exotisme, entre le local et le lointain, qui donne à ces jardins leur caractère singulier.

Parmi les essences les plus remarquables que la visite permettra d'observer : les magnolias grandiflora dont les allées structurent l'espace avec une autorité tranquille, les cèdres de l'Himalaya et de l'Atlas qui projettent leurs ombres profondes sur le sol, l'épicéa pungens venu du Colorado, les ifs taillés, les palmiers Washingtonia filifera, ainsi que des photinias, lagerstroemias et le sophora japonica pendula — ce pleureur japonais dont les branches retombent avec une grâce presque mélancolique. Chaque arbre est une histoire de voyage, d'acclimatation, de patience.

Renseignements : 04 94 51 01 89

La Côte d'Azur a toujours entretenu ce rapport particulier à la botanique d'importation. Dès la fin du XIXe siècle, les hivernants britanniques et russes, les familles de la grande bourgeoisie française, ont fait de leurs propriétés des laboratoires végétaux à ciel ouvert. Fréjus n'est pas Nice, ni Menton — elle est plus discrète, plus romaine dans l'âme — mais ses jardins portent la même ambition : faire coexister l'olivier millénaire et le cèdre himalayen, le palmier et l'if, sans que l'un écrase l'autre.

Ce que l'on vient chercher ici

Une visite botanique de ce type n'est pas un cours magistral en plein air. C'est plutôt une façon de ralentir le regard, d'apprendre à distinguer une écorce d'une autre, de comprendre pourquoi telle essence prospère sous le ciel varois quand elle vient de si loin. Le jardin à la française impose une lisibilité : on ne se perd pas, on se concentre. Les parterres floraux encadrent la promenade, le bassin donne un point de repère, et les grands arbres — cèdres, magnolias, palmiers — agissent comme des repères verticaux dans un espace qui invite à lever les yeux autant qu'à regarder à ses pieds.

Pour le visiteur, l'intérêt est aussi géographique. La villa est adossée à la plateforme romaine qui délimitait autrefois le port antique de Fréjus — une des bases navales les plus importantes de l'Empire. Marcher dans ce jardin, c'est marcher sur deux mille ans de strates, entre le béton romain enfoui et les racines des magnolias plantés il y a un siècle.

La séance commence à 14h, au 447 avenue Aristide Briand. Pour tout renseignement complémentaire, le numéro à retenir est le 04 94 51 01 89. Une après-midi de juin, sous les cèdres — il y a des samedis qui méritent qu'on leur réserve du temps.

© Médiathèque Villa-Marie
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