Il y a des soirs à Cannes où la Croisette s'efface. Où l'on tourne le dos aux palaces et aux yachts pour suivre une rue plus discrète, celle du Pasteur, jusqu'à l'Espace Miramar — une salle qui n'a rien de spectaculaire de l'extérieur, et c'est peut-être pour ça qu'elle accueille si bien ce qui déborde de l'ordinaire. Ces soirs-là, on entend la musique avant même d'avoir poussé la porte.
Les 3 et 4 juillet 2026, l'Espace Miramar accueille la onzième édition du festival Les Deux Terres, organisé par l'Association Téné France. Onze ans, c'est une longévité qui dit quelque chose : ce festival n'est pas une expérimentation, c'est une conviction qui s'est installée dans le calendrier cannois comme une évidence. Chaque année, il réunit artistes burkinabés et artistes locaux autour d'un projet simple à énoncer, difficile à tenir — créer de véritables ponts entre l'Europe et l'Afrique par la danse et la musique.
Ce que l'on voit, ce que l'on ressent
Le programme s'articule sur deux journées. Dès l'ouverture, une exposition réunit sculptures, photographies et peintures — trois disciplines, trois façons de tenir le monde entre les mains. L'entrée est libre, et cette gratuité n'est pas un détail : elle dit quelque chose sur l'intention du festival, sur sa manière de s'adresser à tous, pas seulement aux habitués des vernissages. On peut venir regarder, repartir, revenir.
Le soir, à 20h, les deux jours, les spectacles de danse prennent le relais. Le Burkina Faso n'est pas un pays que l'on associe spontanément à la Côte d'Azur, et c'est précisément là que réside l'intérêt du festival. Ouagadougou est pourtant l'une des capitales culturelles de l'Afrique de l'Ouest — ville du cinéma avec le FESPACO, ville de la danse contemporaine, ville où les arts vivants ont une place que bien des métropoles européennes lui envieraient. Les Deux Terres fait le pari que cette énergie-là a quelque chose à dire à la Méditerranée, et vice versa.
« Réunir artistes locaux et internationaux dans un esprit de partage des cultures » — c'est la formule de l'Association Téné France, et elle vaut mieux qu'un slogan : elle décrit une pratique.
Pour ceux qui veulent aller plus loin
Pour les soirées spectacles, le billet est à 20 €, ou 30 € pour un pass couvrant les deux soirs — ce qui reste raisonnable pour deux soirées de danse en plein festival cannois. Les étudiants et détenteurs du Pass Culture bénéficient d'un tarif à 15 €, les moins de 12 ans à 10 €. Un atelier de danse est également proposé, au tarif de 30 €, pour ceux qui préfèrent la pratique à la contemplation.
L'Espace Miramar se trouve au 35 rue Pasteur, à quelques minutes à pied du centre-ville. Cannes en juillet, c'est la haute saison, la ville est pleine, les terrasses débordent — mais il existe des poches de calme, des endroits où quelque chose d'autre se passe. Ce festival en est un.
On pourrait se demander ce que ces deux terres ont vraiment en commun. La réponse, ce festival la donne depuis onze ans sans jamais l'expliquer tout à fait — et c'est mieux ainsi. Certaines choses se comprennent mieux quand on est debout, dans une salle, à regarder quelqu'un danser.
