RIVIERA · Ramatuelle

Nature

Le moulin de Paillas rouvre ses ailes

À Ramatuelle, un moulin reconstruit à l'identique invite à redécouvrir un patrimoine vivant.

Ramatuelle19–20 septembre3 min
© ©2016 journées du patrimoine moulin - Anne

Pourquoi y aller

  • Visite gratuite avec explications en continu
  • Entoilage du moulin si le vent le permet
  • Musiciens provençaux et pétanque le dimanche

Il y a des endroits où le vent ne passe pas pour rien. Sur les hauteurs de Ramatuelle, au-dessus des vignes et des pinèdes qui dégringolent vers Saint-Tropez, le moulin de Paillas tourne — ou du moins il peut tourner, quand la tramontane le veut bien. De là-haut, la vue embrasse la presqu'île dans toute sa démesure : les criques, les collines rousses, la mer qui change de couleur selon l'heure. Mais ce samedi et ce dimanche de septembre, ce n'est pas seulement le panorama qui attire les promeneurs sur ce chemin de crête. C'est le moulin lui-même qui ouvre sa porte.

Les 19 et 20 septembre 2026, dans le cadre des Journées du patrimoine, le moulin de Paillas accueille le public en visite libre et gratuite, assurée en continu par l'association «Les Amis des Moulins de Ramatuelle». Le samedi, les portes sont ouvertes de 10h30 à 12h30, puis de 15h à 18h. Le dimanche, les horaires s'étendent de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h — avec, en prime, si le vent se montre coopératif, un entoilage et une mise au vent du moulin. Des musiciens provençaux seront présents, et un jeu de pétanque sera mis à disposition.

Un moulin, deux fois né

L'histoire du moulin de Paillas est celle d'une renaissance. L'édifice d'origine, comme tant d'autres moulins à vent provençaux, avait peu à peu cessé de fonctionner au fil du XXe siècle, laissé à l'abandon sur sa colline. C'est en 2002 qu'il fut reconstruit à l'identique, pierre par pierre, aile par aile — un chantier de mémoire autant que de maçonnerie. Depuis, l'association veille sur lui avec une constance tranquille, organisant des visites, entretenant la mécanique, transmettant le savoir-faire.

Ce type de moulin-tour, caractéristique de la Provence intérieure, fonctionnait autrefois grâce à des voiles en toile tendues sur une armature de bois — les fameuses «toiles» que l'on hisse encore aujourd'hui lors des démonstrations. La meule de pierre broyait le grain des paysans de la région, et le meunier réglait sa journée au rythme du vent. Dans le Var, cette culture meunière s'est presque entièrement effacée ; Ramatuelle fait partie des rares communes à en avoir préservé la trace visible.

«Son histoire et son fonctionnement» — c'est la promesse de l'association aux visiteurs. Pas un décor, un mécanisme.

Ce que l'on vient chercher ici

Les explications proposées par les bénévoles de l'association ne sont pas celles d'un livret touristique. Ce sont des gens du coin, attachés à ce patrimoine pour des raisons qui n'ont rien d'abstrait. Ils connaissent les noms, les dates, les petites histoires qui font qu'un bâtiment devient un lieu. La visite est gratuite et se fait en continu — pas de créneaux, pas de réservation, on arrive et on écoute.

Le dimanche apporte une couleur supplémentaire : si le vent est au rendez-vous, on peut voir le moulin véritablement mis en mouvement, ses ailes déployées contre le ciel de fin d'été. C'est une chose rare, presque anachronique, qui rappelle que certaines machines n'ont pas besoin d'électricité pour émouvoir. Les musiciens provençaux et la pétanque complètent le tableau — sans chichi, à la manière d'un dimanche de village qui se souvient de lui-même.

Pour rejoindre le moulin, il faut prendre la route qui monte depuis Ramatuelle vers le col de Paillas. Le chemin fait partie du plaisir : les vignes du massif des Maures, les chênes-lièges, l'odeur du maquis chauffé par septembre. On arrive en altitude avec déjà quelque chose de différent dans la respiration. Et là, sur son piton, le moulin attend — patient, solide, les ailes prêtes.

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