Il y a des endroits où l'été s'installe autrement. Pas seulement dans les terrasses bondées ou les parasols serrés les uns contre les autres — mais dans ce bruit sourd d'un ballon qui frappe le sable, dans les cris d'encouragement qui couvrent le bruit des vagues, dans cette légèreté particulière qu'on ne trouve qu'au bord de la mer quand le corps est en mouvement. La plage Cousteau, à Saint-Laurent-du-Var, est de ceux-là.
Du 30 juin au 26 juillet 2026, cette bande de sable nichée entre la mer et la ville accueille le Beach Sport Festival. Quatre semaines, donc, où la compétition s'invite les pieds dans l'eau, portée par l'énergie propre à ce genre de rendez-vous sportifs qui savent mêler l'effort et la fête sans forcer ni l'un ni l'autre.
Saint-Laurent-du-Var, entre Antibes et Nice
On oublie parfois que Saint-Laurent-du-Var n'est pas qu'une commune de transit sur la route des grandes villes de la Côte. Coincée entre Nice à l'est et Antibes à l'ouest, traversée par le Var qui lui donne son nom, elle possède un front de mer discret mais réel, avec ses plages qui regardent le large sans la surcharge des stations plus célèbres. La plage Cousteau — dont le nom évoque à lui seul quelque chose de marin et d'aventureux — en est l'un des points d'ancrage. Un espace ouvert, bien exposé, qui se prête naturellement aux disciplines de plage : le sable y absorbe les chutes, le vent y rafraîchit les efforts, et l'horizon bleu fait office de décor sans qu'on ait besoin d'en rajouter.
Le sport de plage, lui, a sa propre culture sur la Côte d'Azur. Le beach-volley, le beach-soccer, le padel en plein air, les sports de glisse — toutes ces pratiques ont trouvé ici un terrain fertile depuis des décennies, portées par un climat qui permet de jouer presque toute l'année et par une population qui, entre locaux et visiteurs, constitue un vivier de compétiteurs et de spectateurs naturellement acquis à la cause.
Quatre semaines au rythme de la compétition
«Le sport de plage n'est pas un sport mineur pratiqué en vacances — c'est une discipline à part entière, avec ses codes, ses champions, et sa façon bien à elle d'occuper l'espace.»
C'est peut-être ce que rappelle un événement comme le Beach Sport Festival : que la plage peut être bien autre chose qu'un lieu de repos passif. Elle devient ici un espace de performance, où la technique se mesure à l'instabilité du sable, où l'endurance se négocie sous le soleil de juillet, et où la proximité entre les compétiteurs et le public crée une atmosphère que les grandes salles couvertes ne peuvent tout simplement pas reproduire.
La manifestation s'étend sur près d'un mois — du 30 juin au 26 juillet —, ce qui lui donne une respiration rare dans un calendrier estival souvent surchargé. On ne vient pas tout voir en une heure : on revient, on s'installe, on suit une compétition entre deux bains, on croise les mêmes visages plusieurs soirs de suite. Ce format long, presque résidentiel, est en lui-même une invitation à ralentir le rythme du tourisme pour adopter celui, plus doux, de la vie locale en été.
Pour les familles installées dans les environs, pour les vacanciers qui séjournent sur la Côte entre fin juin et fin juillet, ou simplement pour les habitants de Saint-Laurent-du-Var qui cherchent à habiter leur ville autrement pendant les grandes chaleurs, la plage Cousteau offre cet été un programme ancré dans le concret : des corps en mouvement, du sable sous les pieds, et la mer juste là, en fond de scène. C'est peu, et c'est beaucoup.
