Il y a quelque chose d'assez rare, sur la Côte d'Azur en automne, dans ce moment où la lumière change de texture — plus dorée, moins agressive — et où les villes reprennent leur souffle après la saison. C'est précisément dans cet entre-deux que s'installe, chaque année depuis plus de trois décennies, la Fête de la Science. Pas comme un événement parmi d'autres, mais comme une respiration collective, un moment où le savoir cesse d'appartenir aux seuls initiés pour s'inviter dans les places, les halls d'université, les médiathèques et les quartiers.
Cette année, la 35ème édition se tiendra du 2 au 12 octobre 2026 dans l'ensemble du département des Alpes-Maritimes. Dix jours, un territoire entier, et une invitation adressée à tout le monde — des enfants qui posent encore des questions sans filtre aux adultes qui ont oublié qu'ils en avaient le droit.
Un territoire, des sciences, une même curiosité
Les Alpes-Maritimes ne sont pas un territoire ordinaire pour ce genre de rendez-vous. Entre mer et montagne, entre Nice et son arrière-pays, entre la métropole universitaire et les villages perchés, le département concentre une densité rare de laboratoires, d'instituts de recherche et d'établissements d'enseignement supérieur. L'Université Côte d'Azur, qui pilote l'édition locale de la Fête de la Science, s'est imposée ces dernières années comme l'un des pôles scientifiques les plus dynamiques du Sud de la France — portant des recherches en mathématiques, en sciences de la vie, en numérique et en sciences de la Terre qui résonnent bien au-delà des frontières régionales.
C'est cette richesse que la Fête de la Science cherche à rendre visible et accessible. Le principe n'a pas changé depuis la première édition nationale en 1992 : faire sortir la science de ses enceintes habituelles, créer du dialogue entre chercheurs et grand public, et rappeler que la connaissance est un bien commun. Ce qui a évolué, en revanche, c'est l'ampleur du dispositif et la diversité des formats — conférences, ateliers, démonstrations, expositions, rencontres — qui se déploient désormais sur l'ensemble du territoire.
«La science n'est pas une affaire de spécialistes — c'est une façon de regarder le monde.»
Ce qu'on vient chercher ici
Pour les visiteurs qui ne connaissent pas encore cet événement, il faut comprendre que la Fête de la Science n'est pas un salon ni une foire. C'est quelque chose de plus diffus, de plus vivant. On y croise un chercheur en biologie marine qui explique, avec les mains, ce que cache le fond de la Méditerranée à quelques kilomètres de la Promenade. On y voit des lycéens débattre avec des physiciens. On y trouve, parfois dans une salle de mairie d'un village de l'arrière-pays, une conférence sur l'astronomie devant une vingtaine de personnes attentives.
Les Alpes-Maritimes offrent pour cela un décor qui n'est jamais neutre. Le ciel particulièrement dégagé du littoral, la présence de l'Observatoire de la Côte d'Azur sur la colline de Gros de Cagnes, la proximité de la mer et des Alpes — tout cela donne aux sciences naturelles une résonance concrète, presque immédiate. Parler de géologie ici, c'est parler du terrain qu'on foule. Parler d'océanographie, c'est parler de l'eau qu'on voit depuis la fenêtre.
Les manifestations se répartissent sur divers lieux du département, de Nice aux communes voisines. Le programme complet, avec les adresses précises, les horaires et les thématiques de chaque rencontre, est accessible sur le site de l'Université Côte d'Azur. L'entrée est traditionnellement libre pour la plupart des activités — l'esprit de la Fête de la Science a toujours été celui de l'accès ouvert — mais il est conseillé de vérifier les conditions spécifiques à chaque manifestation directement auprès des organisateurs.
Octobre sur la Côte d'Azur, c'est aussi le moment où l'on peut se déplacer sans la cohue de l'été, prendre le temps d'une conversation, s'asseoir dans un café après une conférence et continuer à débattre. La Fête de la Science s'inscrit naturellement dans ce rythme-là — celui d'une région qui, une fois la saison passée, redevient elle-même.
