RIVIERA · Grasse

Nature

Au cœur des roses de Grasse, Lancôme ouvre ses jardins

Le Domaine de la Rose accueille des visites sensorielles les 19 et 20 septembre.

Grasse19–20 septembre4 min
© ©Ambre Velicita/Cyril Jeanjean

Pourquoi y aller

  • Un domaine privé Lancôme rarement accessible au public
  • Format intime : 82 participants maximum par session
  • Patrimoine vivant au cœur de la capitale mondiale du parfum

Il y a des matins à Grasse où l'air lui-même semble travaillé — dense, floral, presque palpable. On monte depuis la côte par des routes en lacets, on laisse derrière soi le bleu de la Méditerranée, et soudain la colline prend le dessus : oliviers, champs en terrasses, et cette odeur que les Grassois ont appris à ne plus vraiment remarquer tant elle fait partie du paysage. C'est dans ce décor que le Domaine de la Rose, propriété de Lancôme, ouvre ses portes les 19 et 20 septembre 2026 pour des visites guidées sensorielles à destination d'un public volontairement restreint.

Grasse n'a pas besoin d'introduction pour qui s'intéresse au parfum. Capitale mondiale de la matière première olfactive depuis le XVIIe siècle, la ville a formé des générations de nez, alimenté les grandes maisons parisiennes et posé les bases d'un savoir-faire que l'Unesco a inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2018. Les champs de roses, de jasmin et de tubéreuses qui ponctuent ses alentours ne sont pas un décor folklorique — ce sont des outils de travail, des laboratoires à ciel ouvert où la chimie végétale dialogue depuis des siècles avec la créativité humaine.

Une maison, un domaine, une continuité

Lancôme entretient avec Grasse un lien ancien. Le Domaine de la Rose, situé au 74 Chemin de Saint-Jean, est l'expression physique de cet attachement : un lieu de culture, de recherche et de mémoire où la rose centifolia — fleur emblématique de la région et pilier de nombreuses créations de la maison — est cultivée avec une attention qui tient autant de l'agronomie que de la haute couture. Venir ici, c'est s'approcher de l'endroit où tout commence, bien avant le flacon.

La visite proposée ces deux journées se situe, selon les organisateurs, «à la croisée des savoir-faire ancestraux de Lancôme et de l'innovation olfactive». La formule est précise : il ne s'agit pas d'une visite de musée ni d'une démonstration commerciale, mais d'une expérience sensorielle guidée qui entend mettre en dialogue le passé et le présent d'une maison ancrée dans ce territoire. Ce que l'on voit, ce que l'on touche, ce que l'on sent — tout est pensé pour révéler la cohérence entre une tradition agricole et une ambition créative contemporaine.

Ce que l'on sait du format

Les sessions accueillent 82 participants maximum, ce qui dit beaucoup sur l'esprit de l'événement. On n'est pas dans le registre de la journée portes ouvertes en masse, mais dans celui de la visite à taille humaine, où le guide peut prendre le temps d'expliquer, où l'on peut poser des questions, s'arrêter, revenir sur ses pas. Pour un domaine agricole et olfactif, ce choix fait sens : le parfum ne se comprend pas dans la précipitation.

Les dates s'inscrivent dans la période des Journées européennes du patrimoine, ce rendez-vous annuel de septembre qui pousse des milliers de lieux habituellement fermés à accueillir le public. Le Domaine de la Rose s'inscrit naturellement dans cette logique — non pas comme un site historique figé, mais comme un espace vivant où le patrimoine se fabrique encore.

Pour les habitants de la région comme pour les visiteurs de passage, c'est une occasion rare de franchir une grille qui reste close le reste de l'année. Grasse a cette particularité d'être une ville dont la réputation mondiale contraste avec une certaine discrétion dans ses pratiques : on ne montre pas facilement les coulisses. Le Chemin de Saint-Jean, ce matin-là, fera exception.

«À Grasse, le parfum n'est pas une industrie parmi d'autres — c'est la langue dans laquelle la ville pense depuis quatre siècles.»

Venir au Domaine de la Rose en septembre, c'est aussi choisir le bon moment. L'été touristique commence à se retirer, la lumière du Var change de qualité, les collines retrouvent une douceur que juillet efface sous la canicule. Les roses de la centifolia, elles, ont été récoltées au printemps — mais leur trace est partout, dans les cuves, dans les extraits, dans la mémoire olfactive du lieu. Il reste quelque chose dans l'air, même hors saison. À Grasse, ça ne disparaît jamais vraiment.

© Ambre Velicita/Cyril Jeanjean
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