RIVIERA · Menton

Concert

Vivaldi sous les étoiles de Menton

À la basilique Saint-Michel, un soir de juillet, la musique baroque reprend ses droits.

Menton29 juillet4 min
© Peter Alfred Hess / flickr

Pourquoi y aller

  • Nicolas Altstaedt et Thomas Dunford, duo de premier plan
  • Vivaldi dans un écrin baroque du XVIIe siècle
  • 77 ans de festival sous le ciel méditerranéen

Il y a des soirs où Menton cesse d'être une ville pour devenir un décor. La lumière du crépuscule s'attarde sur les façades ocre et safran du vieux quartier, la mer disparaît dans une brume dorée quelque part derrière les toits, et la place de l'Église — cette petite esplanade pavée de galets en damier noir et blanc — se remplit lentement d'une foule qui n'est pas venue pour voir, mais pour écouter. C'est dans cet état d'esprit particulier, suspendu entre la chaleur du jour et la fraîcheur qui monte de la Méditerranée, que le 77e Festival de Musique de Menton accueille l'un de ses concerts de la saison.

Le mercredi 29 juillet 2026, la Basilique Saint-Michel ouvre ses portes pour une soirée placée sous le signe de Vivaldi. Au programme : Nicolas Altstaedt au violoncelle, l'Ensemble Jupiter et Thomas Dunford au luth et à la direction. Trois noms qui, réunis, dessinent une proposition artistique d'une cohérence rare dans le paysage de la musique ancienne européenne.

La scène la plus belle du monde — ou presque

La basilique Saint-Michel n'est pas une salle de concert ordinaire. Construite au XVIIe siècle dans un style baroque italien qui fait écho, avec une certaine ironie heureuse, au répertoire de la soirée, elle domine la vieille ville de Menton depuis la place qui porte son nom. Depuis 1950, cette place est le cœur battant du festival — l'un des plus anciens de France dans ce format estival en plein air. Des générations de musiciens y ont joué sous le ciel de la Côte d'Azur, et quelque chose dans l'acoustique naturelle du lieu, dans la pierre chaude et dans l'air marin, transforme chaque concert en une expérience difficile à reproduire ailleurs.

Thomas Dunford est l'une des figures les plus singulières de sa génération. Luthiste formé à la grande école française de la musique ancienne, il a construit avec l'Ensemble Jupiter un projet artistique qui ne se contente pas de restituer le répertoire baroque : il le fait vivre, avec une énergie et une liberté de phrasé qui surprennent encore ceux qui s'attendaient à de la reconstitution muséale. Le luth entre ses mains n'est pas un instrument de musée — c'est un instrument de conversation.

« Vivaldi, c'est la Méditerranée en musique — la lumière, la vitesse, l'imprévu. »

Nicolas Altstaedt, lui, est violoncelliste d'une autre trempe. Né à Paris, formé entre l'Allemagne et la France, il mène depuis des années une carrière qui navigue entre le grand répertoire romantique et les terres moins balisées de la création contemporaine. Le voir se consacrer à Vivaldi avec Dunford et l'Ensemble Jupiter, c'est assister à une rencontre entre deux tempéraments complémentaires : l'un solaire et rhétorique, l'autre plus intérieur, presque méditatif. Ce que cela donnera dans les voûtes de Saint-Michel, avec la nuit de juillet pour seul plafond, reste à découvrir — et c'est précisément ce qui rend la chose intéressante.

Ce que Vivaldi fait à un soir d'été

Antonio Vivaldi n'a pas besoin d'introduction, mais il mérite qu'on s'arrête un instant sur ce qu'il représente dans ce contexte précis. Vénitien, prêtre, violoniste virtuose, il a produit une œuvre d'une abondance presque scandaleuse — plus de cinq cents concertos, des opéras, de la musique sacrée — et pourtant chaque page semble portée par la même urgence lumineuse. Ses concertos pour violoncelle, moins joués que les Quatre Saisons mais tout aussi inventifs, offrent à un soliste comme Altstaedt un espace d'expression qui tient autant du discours que de la danse.

Jouer Vivaldi à Menton en juillet, c'est presque une tautologie heureuse. La lumière, la chaleur, la pierre, la mer à portée d'oreille — tout conspire à rendre cette musique encore plus évidente qu'elle ne l'est déjà. Le festival l'a compris depuis longtemps, et c'est sans doute pourquoi il continue, après soixante-dix-sept éditions, à attirer des artistes de cette envergure sur une place de village.

Pour ceux qui souhaitent assister au concert, toutes les informations pratiques — billetterie, programme complet de la saison — sont disponibles sur le site du festival : festival-musique-menton.fr. La Basilique Saint-Michel se trouve place de l'Église, dans la vieille ville haute, accessible à pied depuis le centre de Menton en une quinzaine de minutes. Arriver un peu avant l'heure, laisser la ville vous gagner doucement — c'est la seule préparation dont cette soirée a besoin.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que c'est ?

Le 29 juillet 2026, Nicolas Altstaedt et l'Ensemble Jupiter jouent Vivaldi à la basilique Saint-Michel de Menton pour le 77e Festival de Musique.

Quand a lieu l'événement ?

29 juillet

Où se déroule l'événement ?

Basilique Saint Michel, Place de l'église, 06500

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