Il y a des soirs où Juan-les-Pins semble avoir été inventé pour ça. L'air tiède qui descend des collines, l'odeur de résine mêlée à celle de la mer toute proche, et quelque part entre les troncs centenaires, une note de piano qui s'étire dans le noir. La Petite Pinède n'est pas une salle de concert comme les autres — c'est un lieu qui respire, qui a de la mémoire, et qui sait recevoir la musique comme on reçoit un ami de longue date.
C'est ici, le 17 juillet 2026, dans ce cadre si particulier du boulevard Edouard Baudoin à Antibes, que la Jammin Summer Session accueille le Jean Saint-Loubert trio. Une soirée de concert portée par trois musiciens, trois voix instrumentales qui dialoguent avec une économie de moyens et une générosité de ton.
Trois voix, un seul souffle
Jean Saint-Loubert est à la fois pianiste, bugliste et claviériste — une polyvalence rare qui dit quelque chose de sa façon d'aborder la musique : non pas comme un style à défendre, mais comme un espace à explorer. Le bugle, cousin doux du trompette, apporte une couleur cuivrée et veloutée que l'on n'attend pas toujours dans ce type de formation. Le synthé, lui, ouvre des horizons plus contemporains, sans jamais écraser l'acoustique.
À ses côtés, Ludo Prieur assure une double présence — contrebasse, guitare, basse — glissant d'un instrument à l'autre avec cette souplesse propre aux musiciens qui ont appris à écouter avant d'apprendre à jouer. Et Thomas Le Galo, à la batterie, tient le temps avec la précision de ceux qui savent aussi, quand il le faut, laisser le silence exister.
« La Petite Pinède a cette qualité rare : elle amplifie l'intention des musiciens sans trahir leur son. »
Juan-les-Pins, un écrin qui a tout vu
La Petite Pinède est indissociable de l'histoire du jazz en France. Depuis des décennies, ce coin d'Antibes — quelques centaines de places, des pins parasols pour plafond, la Méditerranée à deux pas — accueille des artistes dont les noms figurent dans tous les livres. Le festival Jazz à Juan, l'un des plus anciens d'Europe, a fait de ce lieu un repère pour les amateurs du genre sur tout le continent. Jouer ici, c'est s'inscrire dans une lignée, qu'on le veuille ou non.
Mais la Jammin Summer Session, c'est aussi autre chose : une programmation plus intimiste, plus légère, qui laisse la place aux formations de chambre, aux trios qui n'ont pas besoin d'un orchestre pour remplir un espace. C'est précisément dans ce format que le Jean Saint-Loubert trio devrait trouver son terrain de jeu naturel.
Ce soir du 17 juillet, les spectateurs pourront s'installer sous les pins, laisser leurs yeux s'habituer à la pénombre douce des projecteurs, et laisser le trio faire son travail — celui de tisser, en temps réel, quelque chose qui n'existait pas avant que les musiciens montent sur scène. C'est la promesse simple et essentielle du concert de jazz : rien n'est écrit à l'avance, tout peut arriver.
Pour ceux qui souhaitent préparer leur venue ou consulter le programme complet de la saison, le site de Jazz à Juan — jazzajuan.com — centralise toutes les informations pratiques. La Petite Pinède se trouve boulevard Edouard Baudoin, à Antibes, facilement accessible depuis le bord de mer.
Certains soirs, on n'a pas besoin de grand-chose : trois musiciens qui s'écoutent, un ciel du Midi au-dessus des têtes, et la certitude que l'été, ici, a une bande-son qui lui ressemble.
