Il y a des salles qui ont une mémoire. Le Cinéma Olympia, rue de la Pompe, fait partie de celles-là — une de ces adresses cannoises où l'on entre avec l'impression que quelque chose d'important va se passer. Le velours, la lumière tamisée, l'acoustique soignée. Ce jeudi 2 juillet 2026, à 20h, c'est un autre Olympia qui s'y invite, par écran interposé : celui de Julien Doré, et de ce qu'il a appelé son «pestacle».
Le mot lui appartient entièrement. Ni concert, ni spectacle tout à fait — quelque chose entre les deux, à l'image d'un artiste qui n'a jamais vraiment accepté les cases. Depuis sa victoire à la Nouvelle Star en 2007, Julien Doré a construit une œuvre à part, faite de mélancolie pop, d'humour décalé et d'une esthétique visuelle très personnelle. Ses tournées sont réputées pour leur ambition scénique, et cette dernière — celle dont le film garde la trace — ne fait pas exception.
Ce que le grand écran change
Projecter un concert au cinéma, c'est un exercice délicat. Trop souvent, on y perd l'essentiel : la chaleur, l'imprévu, ce frisson collectif qui appartient aux salles de spectacle. Mais quand le film est conçu pour ça — cadres larges, montage qui respire, son mixé pour une diffusion en salle — l'expérience devient autre chose. Pas un substitut, mais une lecture différente du même événement. On voit ce que le public du premier rang ne voyait pas : les décors dans leur totalité, les détails de mise en scène, les visages.
«Julien Doré : le dernier pestacle» promet exactement cela. Selon la présentation de l'Olympia, le film mêle émotion, décors grandioses et tubes incontournables, sublimés par la qualité visuelle et sonore de la salle. Deux heures, donc — le temps d'un vrai concert, avec la concentration que seul le cinéma autorise.
«Revivre l'énergie de la tournée comme au premier rang» — c'est ainsi que l'Olympia de Cannes présente la séance, et l'on veut bien les croire.
Une soirée, une salle, un artiste
L'Olympia de Cannes n'est pas une multiplex de périphérie. C'est une salle de centre-ville, avec ce que ça implique de soin apporté à chaque projection. Venir y voir un film-concert de cette envergure, c'est choisir un cadre à la hauteur du sujet — et c'est aussi, à 19€ la place, l'une des façons les plus accessibles de passer une soirée de juillet sur la Côte, quand les terrasses débordent et que la chaleur s'installe pour de bon.
Juillet à Cannes, c'est un mois particulier. La ville reprend son souffle après le Festival, retrouve ses habitants, ses habitués. Les soirées sont longues, l'air sent encore la mer. Une séance à 20h dans une belle salle — c'est exactement le rythme qui convient.
Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de voir cette tournée en vrai, ou pour ceux qui voudraient la revoir avec d'autres yeux, la séance du 2 juillet à l'Olympia offre quelque chose d'assez rare : un moment suspendu, dans le noir, avec un artiste qui sait comment occuper l'espace. Il n'y a pas trente occasions comme celle-là dans une saison.
