RIVIERA · Hyères

Nature

Hyères, le jardin qui murmure depuis 1868

Au cœur de Hyères, un parc du XIXe siècle révèle ses secrets botaniques les 6 et 7 juin.

Hyères6–7 juin4 min
© © MV - ville d'Hyères

Pourquoi y aller

  • Un parc paysager du XIXe siècle intact
  • Palmiers rares et hibiscus en collection
  • Rencontre directe avec les jardiniers de la ville

Il y a des endroits où le temps ne s'arrête pas vraiment — il ralentit, s'épaissit, prend la consistance de l'air chaud filtré par les palmes. Le parc Olbius Riquier est de ceux-là. Dès que l'on franchit l'entrée de l'avenue Ambroise Thomas, les bruits de la ville s'effacent derrière un rideau de verdure, et l'on se retrouve dans quelque chose qui ressemble moins à un parc municipal qu'à un legs personnel, à une lettre écrite en végétal et transmise de génération en génération.

Cette lettre a un auteur. Olbius Riquier, notable hyérois du XIXe siècle, cède ce terrain de sept hectares à la ville en 1868. Pendant vingt-six ans, le domaine fonctionne comme une succursale du Jardin d'acclimatation de Paris — ce qui n'est pas rien : on est alors à l'apogée de la passion française pour la botanique exotique, et Hyères, déjà prisée par les hivernants anglais et russes, se rêve en capitale méridionale de l'acclimatation. Le parc est aménagé selon les plans de G. Aumont et M. Chevalier, collaborateurs du grand paysagiste J.P. Barillet-Deschamps, l'homme à qui l'on doit aussi les bois de Boulogne et de Vincennes. Quand il ouvre au public en 1877, il cumule trois vocations à la fois : jardin public, jardin d'acclimatation, jardin zoologique.

Un herbier vivant sous le ciel du Var

Ce qui frappe aujourd'hui, c'est la cohérence du lieu malgré les décennies. La composition paysagère d'origine perdure : les larges allées ombragées, les vastes pelouses, les grands arbres qui ont eu le temps de devenir immenses, le lac et sa cascade dont le murmure accompagne la promenade. Mais c'est la diversité botanique qui constitue le vrai trésor du parc. Des palmiers peu courants — des espèces que l'on ne croise guère dans les jardins ordinaires de la région — côtoient une rocaille de succulentes d'une générosité presque baroque. Quant à la serre chaude, elle abrite une végétation foisonnante que rehausse la collection d'hibiscus, avec ses multiples couleurs qui semblent défier toute classification raisonnable.

C'est précisément cette richesse que les 6 et 7 juin prochains invitent à explorer autrement. À partir de 13h00, le stand des Espaces Verts de la ville de Hyères propose aux visiteurs de découvrir les espèces et les spécificités botaniques de ce jardin hérité du XIXe siècle. Non pas une visite guidée au sens académique du terme, mais un rendez-vous — le mot est dans l'invitation — avec ceux qui connaissent le parc de l'intérieur, qui en prennent soin, qui savent pourquoi tel palmier pousse ici et nulle part ailleurs dans le département.

«Légué par Olbius Riquier à la ville de Hyères en 1868, ce terrain de 7 ha devient durant 26 ans une succursale du jardin d'acclimatation de Paris.»

Ce que l'on emporte avec soi

Venir ces deux jours, c'est donc venir avec des questions. Sur les palmiers — pourquoi certaines espèces prospèrent sous ce ciel varois quand d'autres résistent à peine. Sur les succulentes de la rocaille, ces plantes qui ont appris à vivre avec peu et à être belles malgré tout, ou grâce à cela. Sur la serre et ses hibiscus, microclimat dans le microclimat. Les agents des Espaces Verts sont là pour ça : non pour déclamer un cours magistral, mais pour partager ce savoir du quotidien qui ne s'écrit jamais vraiment dans les guides.

Le parc accueille par ailleurs des animations destinées aux plus jeunes, et de nouveaux espaces paysagers remplacent peu à peu l'ancien zoo — une transformation douce, presque mélancolique, qui dit quelque chose de l'évolution de notre rapport aux animaux et à la nature urbaine. On est loin de l'idée du jardin figé : Olbius Riquier continue de se réinventer, tout en gardant les lignes que Barillet-Deschamps aurait reconnues.

Hyères en juin, c'est la ville avant la grande vague estivale — la lumière déjà généreuse, les terrasses qui s'animent, la mer toute proche mais pas encore envahie. Le parc Olbius Riquier est à dix minutes à pied du centre historique, au 37 avenue Ambroise Thomas. On y vient le 6 ou le 7 juin, à partir de 13h00, sans autre programme que celui de regarder ce que cent cinquante ans de botanique raisonnée ont produit sur sept hectares de terre varoise. C'est, en soi, une façon de lire la ville.

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