Il y a des soirs où le Théâtre de Verdure semble avoir été conçu pour exactement ce moment-là. L'air tiède de juillet, les palmiers qui bordent le jardin Albert-1er, et cette acoustique naturelle que les Niçois connaissent bien — une scène à ciel ouvert qui n'a jamais eu besoin de grand décor pour imposer son caractère. C'est dans ce cadre que Gotts Street Park viendra jouer le 23 juillet 2026, dans le cadre du Nice Jazz Festival, l'un des rendez-vous musicaux les plus anciens d'Europe.
Le trio est formé à Leeds — ville du Yorkshire que l'on associe volontiers à la scène indie britannique, mais qui a su, ces dernières années, produire des artistes bien plus inclassables. Josh Crocker à la basse et à la production, Tom Henry aux claviers, Joe Harris à la guitare : trois musiciens qui ont construit ensemble un son ancré dans la soul vintage et l'alt-R&B, deux territoires que l'on croyait cartographiés depuis longtemps, et qu'ils parviennent pourtant à habiter avec une voix propre.
Leeds, Nice, et la longue histoire du jazz sous les étoiles
Le Nice Jazz Festival existe depuis 1948 — ce qui en fait l'un des plus anciens festivals de jazz du monde. Il a vu défiler Miles Davis, Ray Charles, Nina Simone. La programmation a évolué avec les décennies, s'ouvrant progressivement aux formes hybrides qui prolongent l'héritage du jazz sans en répéter les gestes. La soul, le R&B, les productions électroniques qui s'y greffent : tout cela trouve naturellement sa place sur cette scène où l'histoire musicale s'est toujours écrite à l'intersection des influences.
Gotts Street Park s'inscrit dans cette logique. Leur alt-R&B n'est pas une posture rétro — c'est une façon d'écouter ce qui a été fait avant eux et d'en tirer quelque chose qui sonne aujourd'hui. La basse de Crocker, les claviers de Henry, la guitare de Harris : une économie de moyens qui rappelle les grands trios de soul instrumentale, mais avec une sensibilité de production résolument contemporaine.
«Ancré dans la soul vintage et l'alt-R&B» — c'est ainsi que le groupe lui-même décrit son univers sonore, et cette formule dit beaucoup sur leur rapport au temps : ni nostalgie pure, ni rupture.
Ce que l'on peut attendre du 23 juillet
Le Théâtre de Verdure est une salle en plein air installée dans le parc du bord de mer, à deux pas de la Promenade des Anglais. Sa capacité modeste en fait un lieu de proximité — on n'y est jamais loin des artistes, et cette intimité change l'expérience d'un concert. Pour un trio comme Gotts Street Park, dont la musique repose sur des détails — une ligne de basse qui respire, un accord de clavier suspendu dans le silence — ce format a du sens.
Le festival dans son ensemble propose plusieurs scènes et plusieurs soirs de programmation. Pour les détails pratiques — tarifs, horaires précis, accréditations — le site officiel nicejazzfest.fr reste la référence à consulter, les informations étant régulièrement mises à jour à l'approche de l'événement.
Nice en juillet, c'est aussi une ville en pleine saison — lumière longue jusqu'à vingt-deux heures, terrasses ouvertes, le vieux port animé jusqu'tard. Un concert au Théâtre de Verdure s'insère naturellement dans une soirée qui commence ailleurs et finit peut-être sur la plage. C'est cette continuité entre la ville et la musique qui fait le caractère particulier du Nice Jazz Festival : il ne se referme pas sur lui-même, il appartient à la ville qui l'accueille.
Venir écouter Gotts Street Park le 23 juillet, c'est donc aussi accepter cette logique niçoise — laisser la nuit méditerranéenne faire sa part du travail, et voir ce que la soul de Leeds donne quand elle rencontre l'air du large.
