Il y a des soirées à Nice où l'air sent encore la résine des pins chauffés par le soleil de juillet, où la lumière décline lentement sur les collines derrière le Théâtre de Verdure, et où l'on comprend pourquoi cette ville a toujours attiré les artistes qui cherchaient quelque chose d'indéfinissable — une certaine qualité d'écoute, peut-être, dans un public méditerranéen qui sait ce que signifie prendre le temps. C'est dans ce cadre-là, sous les étoiles et les frondaisons du jardin Albert Ier, que Gabrielle Cavassa viendra chanter le 23 juillet 2026, dans le cadre du Nice Jazz Festival.
On ne présente plus le Nice Jazz Festival à ceux qui suivent la scène jazz européenne depuis quelques décennies. Fondé en 1948 — ce qui en fait l'un des plus anciens festivals de jazz du monde — il a vu défiler sur ses scènes des noms qui ont écrit l'histoire du genre. Le Théâtre de Verdure, lui, est l'une de ces salles en plein air dont Nice a le secret : une architecture sobre, une acoustique que les habitués connaissent bien, et cette capacité rare à faire sentir au spectateur qu'il est à la fois dans un théâtre et dans un jardin, entre la ville et la nuit.
Une Californienne aux racines italiennes
Gabrielle Cavassa est née à Escondido, en Californie, d'origine italienne. Ce double héritage — la côte Ouest américaine et l'Italie — dessine déjà quelque chose de particulier dans son rapport à la musique. Elle raconte elle-même avoir commencé très jeune à «écouter de manière obsessionnelle» des disques. Cette formule dit beaucoup : il ne s'agit pas d'une vocation construite dans les grandes écoles de musique, mais d'une relation intime, presque physique, avec le son enregistré — une façon d'apprendre par imprégnation, par répétition, par amour pur.
«Écouter de manière obsessionnelle des disques» — c'est ainsi que Gabrielle Cavassa décrit ses premières années avec la musique.
Cette origine californienne n'est pas anecdotique. La scène jazz de la côte Ouest américaine a toujours cultivé une certaine retenue, une élégance cool qui doit autant à Miles Davis qu'à Chet Baker — ce dernier ayant lui-même entretenu des liens profonds avec l'Europe et la Méditerranée. Quand une chanteuse formée dans cet environnement arrive à Nice, il y a quelque chose de logique dans la rencontre, comme si deux rives d'une même mer intérieure se reconnaissaient.
Ce que l'on vient chercher au Théâtre de Verdure
Assister à un concert au Théâtre de Verdure, c'est accepter un certain rituel niçois. On arrive tôt pour voir la lumière changer sur les arbres. On s'installe, on commande quelque chose de frais, on parle à voix basse avec ses voisins comme si la musique avait déjà commencé. La scène est proche — assez proche pour voir le travail des musiciens, leurs échanges silencieux, la concentration qui précède chaque phrase musicale.
Pour les festivaliers qui viennent de loin, la soirée du 23 juillet s'inscrit dans ce que le Nice Jazz Festival sait faire de mieux : proposer, au cœur de l'été azuréen, des artistes qui ne sont pas encore des institutions mais qui portent déjà quelque chose d'essentiel. Gabrielle Cavassa appartient à cette catégorie de voix que l'on découvre un soir et dont on parle encore des années après.
Pour les informations pratiques — billetterie, horaires, programmation complète du festival —, tout est réuni sur le site officiel : nicejazzfest.fr. Nice, en juillet, ne manque jamais d'excuses pour rester dehors jusqu'à tard. En voilà une de plus.
