Il y a dans le cinéma une forme de mensonge consenti — et c'est précisément ce qui le rend fascinant. Ce que vous voyez à l'écran n'est jamais la réalité en entier : c'est une réalité découpée, orientée, choisie. Un cadre qui exclut autant qu'il montre. Cette idée, qui occupe toute une vie de cinéaste, peut s'expliquer à un enfant de sept ans. Et c'est exactement ce que propose la Micro-Folie Espaces Mimont à Cannes, cet été.
Le jeudi 16 juillet 2026 à 14h30, l'atelier « Le cinéma, c'est magique » ouvre ses portes pour une session d'une heure trente consacrée au cadrage — gratuite, sur réservation, et accessible dès sept ans. Dans une ville dont le nom est indissociable du septième art, il y a quelque chose de presque évident à ce que l'initiation commence ici.
Ce qu'on inclut, ce qu'on exclut — et pourquoi
Le cadrage est l'un des outils les plus fondamentaux du cinéaste, et l'un des moins visibles pour le spectateur ordinaire. Un plan large installe un personnage dans son environnement, lui donne une échelle, parfois une solitude. Un plan serré efface le monde autour de lui et concentre toute l'attention sur un regard, une bouche, une main qui tremble. Un angle de vue — caméra en contre-plongée ou plongée — suffit à transformer un enfant en géant ou un adulte en menace. Tout cela sans un mot de dialogue.
C'est cette grammaire silencieuse que l'atelier propose d'explorer. Les participants apprendront à distinguer les types de plans, à comprendre pourquoi un réalisateur choisit de cadrer ainsi plutôt qu'autrement, et à saisir ce que l'image raconte là où les mots s'arrêtent. L'approche est celle d'une initiation pratique et sensorielle — pensée pour un jeune public, mais suffisamment dense pour que les adultes qui accompagnent y trouvent eux aussi matière à réflexion.
« Choisir ce qu'on montre — et ce qu'on cache. » C'est en ces termes que l'atelier pose sa question centrale, et elle est loin d'être anodine.
Cannes, ville de cinéma — mais pas seulement en mai
On associe Cannes au Festival, à ses tapis rouges, à ses projections en salle Lumière. Mais la ville entretient avec le cinéma un rapport qui dépasse largement les quinze jours de mai. La Micro-Folie Espaces Mimont en est l'un des témoins discrets : cet espace culturel de proximité, porté par la Ville de Cannes, propose tout au long de l'année des ateliers, des expositions et des activités pensées pour tous les âges, avec une attention particulière portée aux familles et aux publics qui ne fréquentent pas toujours les institutions culturelles traditionnelles.
Proposer un atelier de cinéma gratuit en plein juillet, quand les familles sont là et que les journées sont longues, c'est une façon de dire que la culture ne prend pas de vacances — et qu'elle n'a pas besoin d'être intimidante pour être sérieuse.
Pour une après-midi de mi-juillet à Cannes, l'atelier dure une heure trente — le temps, peut-être, de changer durablement la façon dont un enfant regardera les films. Ou dont un parent les regardera avec lui. L'entrée est libre, la réservation nécessaire ; les détails pratiques sont disponibles sur le site de la Ville de Cannes. Ce qui se passe ensuite, dans la salle obscure, ne sera plus tout à fait pareil.
