Il y a quelque chose d'étrange à se tenir sur le boulevard de la Croisette en plein été, loin du tumulte de mai, et à regarder ce bâtiment que le monde entier a vu sans jamais vraiment y entrer. Le Palais des festivals et des congrès de Cannes — surnommé «le Bunker» par ceux qui l'aiment autant qu'ils le taquinent — est l'un des édifices les plus photographiés au monde, et pourtant l'un des moins connus de l'intérieur. Ce vendredi 31 juillet 2026 à 15h, les portes s'entrouvrent pour une visite guidée d'une heure trente.
L'entrée est au 1 boulevard de la Croisette, là où les marches rouges commencent leur ascension vers le ciel méditerranéen. Le tarif est de 6 € pour les adultes, gratuit pour les moins de 12 ans, et 3 € pour les titulaires de la carte mobilité inclusion. Pas de grand geste, pas de cérémonie — juste une heure et demie pour comprendre ce que cet endroit est vraiment, en dehors des projecteurs.
Un lieu que l'on croit connaître
On pense savoir. On a vu les images mille fois : les robes qui frôlent les marches, les flashs, les palmes dorées levées vers le ciel de mai. Mais le Palais est bien plus qu'un décor de festival. C'est le deuxième centre de congrès de France, un organisme vivant qui travaille tout au long de l'année, accueillant des sommets économiques, des conférences médicales, des salons professionnels qui font de Cannes l'une des capitales mondiales du tourisme d'affaires. Ce double visage — glamour et pragmatique, spectacle et économie — est précisément ce que cette visite propose d'explorer.
L'histoire du bâtiment actuel commence en 1982, quand il remplace l'ancien Palais municipal, jugé trop exigu pour un festival devenu phénomène planétaire. L'architecture brutaliste de l'ensemble a longtemps divisé les Cannois, mais avec le temps, comme souvent sur cette côte où le béton et l'azur finissent par faire la paix, le lieu est devenu partie intégrante de l'identité de la ville. Il ne s'agit plus de l'aimer ou non — il est là, massif et familier, ancré entre la mer et la ville comme une certitude.
Marcher là où ils ont marché
La visite guidée promet de «marcher sur les pas des stars» — formule convenue, certes, mais qui prend ici une résonance concrète. Le couloir des célébrités, les salles de projection, les espaces qui se transforment selon les saisons et les événements : autant de lieux que le grand public ne voit jamais, sinon à travers l'objectif des photographes accrédités. Pour un enfant de la région comme pour un visiteur de passage, il y a quelque chose de satisfaisant à mettre enfin un intérieur sur une façade aussi connue.
«L'un des lieux les plus photographiés au monde» — et paradoxalement, l'un des moins visités de l'intérieur.
La visite s'inscrit aussi dans une lecture plus large du territoire. Cannes n'est pas seulement une ville de festival — c'est une ville de congrès, de yachts, de parfumerie grassoise à quelques kilomètres, de mimosa en février et de feux d'artifice en août. Le Palais en est le nœud central, le lieu où toutes ces identités se croisent et parfois se contredisent. Le comprendre, c'est comprendre un peu mieux cette ville qui joue si bien à être plusieurs choses à la fois.
Pour préparer la visite ou obtenir des informations complémentaires, le site de la Ville de Cannes centralise les détails pratiques. La durée d'une heure trente est calibrée pour ne pas fatiguer les plus jeunes, et la gratuité pour les moins de 12 ans en fait une sortie familiale accessible en plein cœur de l'été.
Le 31 juillet, il sera 15h, la lumière de l'après-midi tombera en biais sur la Croisette, et quelque part derrière ces portes, une histoire de cinéma, de béton et de Méditerranée attendra d'être racontée.
