Il y a des soirs où la Méditerranée semble retenir son souffle. Le Théâtre de Verdure, niché dans le Jardin Albert-Ier entre les palmiers et le bruit sourd de la Promenade, possède ce don rare : transformer une nuit d'été en quelque chose que l'on racontera longtemps. C'est dans ce cadre — ciel ouvert, air salé, gradins en plein vent — que le Nice Jazz Festival a écrit certaines de ses pages les plus mémorables depuis sa création en 1948. Le 25 juillet 2026, il s'apprête à en écrire une nouvelle.
Un fils de Django sur la scène niçoise
Biréli Lagrène n'a pas besoin d'introduction, et c'est précisément ce qui rend sa présence si particulière. Né en 1966 dans une famille manouche d'Alsace, il tenait une guitare avant de savoir lire. À treize ans, il enregistrait déjà des albums qui circulaient parmi les connaisseurs comme des objets précieux. La filiation avec Django Reinhardt — le génie manouche qui a réinventé la guitare de jazz dans les années trente — était évidente dès le départ, mais Lagrène a su faire de cette hérédité spirituelle un tremplin plutôt qu'un carcan. Jazz manouche, bebop, fusion, standards américains : il a tout traversé avec la même aisance déconcertante, collaborant au fil des décennies avec Jaco Pastorius, Al Di Meola ou encore Sylvain Luc.
Après plus de quarante ans de carrière, Biréli Lagrène est déjà inscrit dans l'histoire du jazz. Cette phrase, simple et définitive, dit tout ce qu'il faut savoir. Elle ne promet pas de surprises spectaculaires ni de coups d'éclat promotionnels — elle constate, sobrement, qu'on a affaire à un musicien dont la trajectoire appartient désormais au patrimoine vivant de la musique improvisée.
Le Théâtre de Verdure, écrin naturel du festival
Choisir Nice pour accueillir ce moment n'a rien d'arbitraire. La ville entretient avec le jazz une relation ancienne et charnelle. Le Nice Jazz Festival est l'un des plus vieux d'Europe, et le Théâtre de Verdure — cette salle à ciel ouvert lovée dans les jardins du bord de mer — en est le cœur battant depuis des générations. Sous les étoiles, avec la chaleur de juillet encore présente dans l'air à vingt-deux heures, l'acoustique particulière du lieu crée une intimité que les grandes salles fermées ne peuvent pas reproduire. On entend les silences entre les notes. On perçoit le souffle du musicien.
«Le jazz n'est pas une musique du passé — c'est une musique du présent permanent.»
Cette conviction, partagée par tous ceux qui font vivre le festival depuis près de huit décennies, explique pourquoi une programmation comme celle du 25 juillet résonne au-delà du simple concert. Inviter Lagrène ici, c'est faire dialoguer deux histoires — celle d'un artiste et celle d'une ville — qui méritaient de se retrouver.
Pour le spectateur qui arrive ce soir-là, voici ce que l'on peut raisonnablement anticiper :
- Une guitare qui pense plus vite que la plupart des musiciens ne jouent
- Un répertoire forgé dans quatre décennies de scène internationale
- L'atmosphère incomparable du Théâtre de Verdure en plein mois de juillet
Le site officiel du festival — nicejazzfest.fr — centralise toutes les informations pratiques, billets et programme complet de l'édition 2026. Il est conseillé de s'y rendre tôt : les soirées Lagrène, où qu'elles aient lieu, ont rarement des places en trop.
Nice en juillet, un guitariste qui a tout prouvé, une scène qui a tout vu. Certains rendez-vous n'ont pas besoin d'être justifiés — ils s'imposent d'eux-mêmes.
