RIVIERA · Nice

Concert

Zucchero à Nice : quarante ans de voix qui ne s'effacent pas

Le 23 juin 2026, le Palais Nikaïa accueille l'une des légendes vivantes de la chanson italienne.

Nice23 juin3 min
© comedy_nose / flickr

Pourquoi y aller

  • Plus de 60 millions de disques vendus dans le monde
  • Une scène niçoise taillée pour les grandes tournées
  • Quarante ans de répertoire en une seule soirée

Il y a des soirs où Nice ressemble à une scène naturelle trop grande pour un seul homme — et pourtant, certains artistes savent en occuper chaque centimètre. Le boulevard du Mercantour, loin des terrasses du Vieux-Nice et du ballet des yachts en baie des Anges, mène à une salle qui a l'habitude des grandes nuits. Le Palais Nikaïa n'est pas un lieu de passage : c'est une destination, avec ce qu'elle suppose d'anticipation et de rituel.

Le 23 juin 2026, Zucchero — de son vrai nom Adelmo Fornaciari — y fait étape dans le cadre de son World Tour 2026. Pour quiconque a grandi avec une radio dans la cuisine ou un père qui fredonnait en voiture, le nom suffit. Quarante ans de carrière, plus de soixante millions de disques vendus dans le monde, et une façon de tenir un micro qui tient autant du bluesman de Géorgie que du crooner de la plaine padane.

Une voix construite sur deux continents

Zucchero est l'un des rares artistes italiens à avoir réussi ce passage délicat : être profondément ancré dans une tradition nationale tout en parlant une langue musicale universelle. Il a enregistré avec Ray Charles, Joe Cocker, Luciano Pavarotti — une liste qui dit moins un carnet d'adresses qu'une certaine idée de ce que la musique peut traverser comme frontières. «Senza Una Donna», «Il Volo», «Baila Morena» — ces titres ne sont pas de simples succès commerciaux. Ce sont des morceaux qui ont habité des décennies, des appartements, des fêtes de village et des fins de soirée dans toute l'Europe du Sud.

La Côte d'Azur, pour sa part, entretient avec la culture italienne une proximité qui n'a rien de touristique. Nice a été savoyarde, puis italienne, avant de devenir française en 1860 — et la mémoire de cette histoire affleure dans l'architecture de la vieille ville, dans les pâtes au pistou, dans les noms de famille. Un concert de Zucchero ici n'est pas une importation : c'est presque un retour.

Ce que l'on vient chercher ce soir-là

«Il ne chante pas en anglais pour paraître international. Il chante comme il respire — et ça s'entend.»

Le Palais Nikaïa, avec sa capacité et son acoustique pensée pour les grandes formations, est l'écrin attendu pour un tel spectacle. Une tournée mondiale implique une production à la hauteur : lumières, son, présence scénique rodée sur des centaines de dates. Ce que le public niçois retrouvera, c'est ce mélange particulier de blues, de soul et de rock méditerranéen que Zucchero a fait sien — une musique qui ne se range pas facilement dans une case et qui, précisément pour cette raison, résiste au temps.

Pour ceux qui découvrent l'artiste, le répertoire de la soirée puisera sans doute dans quarante ans d'une discographie dense. Pour les fidèles, ce sera l'occasion de vérifier ce que l'on sait déjà : que certaines voix, avec les années, ne s'usent pas — elles se patinent.

Nice en juin, c'est aussi une ville en pleine lumière. Les soirées sont longues, l'air sent le jasmin et l'iode, et la Promenade des Anglais n'est qu'à quelques minutes. Venir au Palais Nikaïa ce soir-là, c'est combiner deux plaisirs qui se complètent sans se concurrencer : la ville dans tout son été, et une musique qui a traversé les frontières sans jamais perdre son accent.

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