RIVIERA · Vence

Concert

Quand le sol de Vence raconte ce que les pierres ont oublié

Un dimanche matin à la Villa Alexandrine pour apprendre à lire la terre couche par couche.

Vence14 juin3 min
© © INRAP

Pourquoi y aller

  • Gratuit, sans réservation, en continu
  • Archéologie rendue concrète par la maquette
  • Vence, ville aux strates historiques exceptionnelles

Il y a quelque chose d'étrange et de presque vertigineux à se tenir sur une place de Vence — la Place du Grand Jardin, par exemple — et de savoir que sous les dalles, sous les racines, sous des siècles de vie accumulée, il existe un autre monde. Pas métaphoriquement : littéralement. Des fragments de céramique, des fondations effacées, des traces de foyers éteints depuis mille ans. L'archéologie, c'est l'art de faire parler ce silence.

C'est précisément ce que propose l'atelier Archéomaquette, organisé le dimanche 14 juin à la Villa Alexandrine, à partir de 10h00 et de 14h00. L'entrée est libre, sans réservation, et l'atelier se déroule en continu — autant dire que l'on peut arriver à l'heure qui convient, avec ou sans enfants, sans agenda ni contrainte.

Fouiller, comprendre, remonter le temps

Le principe est simple dans sa forme, riche dans ce qu'il révèle : à partir d'une maquette, les participants découvrent les différentes étapes d'un chantier de fouilles. Du projet d'aménagement — ce moment où l'on décide d'intervenir sur un terrain — jusqu'à l'interprétation des données scientifiques, en passant par l'exploration des strates du sol. Car c'est là que réside toute la poésie de la discipline : chaque couche de terre est une phrase, chaque couche supplémentaire un chapitre antérieur. Lire un sol, c'est lire une chronologie à l'envers.

Vence, justement, n'est pas une ville quelconque pour ce type de démarche. Cité préromaine devenue colonie romaine, puis ville épiscopale médiévale dont la cathédrale porte encore les traces de plusieurs époques superposées, elle concentre en quelques hectares une densité historique rare pour une commune de cette taille. Les fouilles archéologiques conduites dans la région au fil des décennies ont mis au jour des vestiges qui reconfigurent parfois la compréhension que l'on croyait avoir de l'occupation humaine dans l'arrière-pays niçois. Ici, le sol parle souvent, et il a beaucoup à dire.

La Villa Alexandrine, carrefour discret de la mémoire locale

La Villa Alexandrine, qui abrite le bureau d'information touristique de Vence ainsi qu'une salle de conférence, est devenue au fil du temps un espace de médiation entre la ville et ceux qui cherchent à mieux la connaître. Ce n'est pas un musée, ce n'est pas une institution au sens solennel du terme — c'est un lieu de passage et de conversation, ce qui le rend particulièrement adapté à un atelier pensé pour être accessible.

«Depuis le projet d'aménagement jusqu'à l'interprétation des données scientifiques» — cette progression résume à elle seule ce que l'archéologie a de rigoureux et de vivant à la fois.

L'atelier s'adresse à tous ceux qui ont un jour regardé un chantier de fouilles à la télévision ou sur le bord d'une route et s'y sont arrêtés mentalement, sans vraiment savoir pourquoi. Cette fascination-là n'est pas anodine : elle dit quelque chose du rapport que nous entretenons avec le temps, avec la continuité, avec l'idée que nous ne sommes pas les premiers à avoir foulé ce sol.

Ce dimanche 14 juin, la maquette servira de territoire d'exploration — un outil pédagogique qui rend concret ce qui reste souvent abstrait dans les discours sur le patrimoine. Comment décide-t-on où fouiller ? Que cherche-t-on exactement ? Que fait-on des données une fois qu'on les a collectées ? Et surtout : en quoi tout cela contribue-t-il à préserver ce que nous avons hérité sans l'avoir choisi ?

Ces questions, l'archéologie les pose depuis longtemps. Ce dimanche à Vence, elles seront posées à voix haute, sans jargon, sur la Place du Grand Jardin, dans un lieu ouvert à tous. C'est peut-être la meilleure façon de rappeler que le patrimoine n'appartient pas aux spécialistes — il appartient à ceux qui habitent le sol qui le contient.

© Nasidlowski
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