RIVIERA · Hyères

Exposition

Olbia parle : les archéologues ouvrent leurs carnets à Hyères

Sur le site grec de l'Almanarre, la recherche vivante se raconte en quarante minutes.

Hyères13–14 juin4 min
© © JB site d'Olbia ville d'Hyères

Pourquoi y aller

  • Fouilles inédites de 2025 présentées en direct
  • Site grec unique conservé dans son plan complet
  • Visite guidée courte, dense et sans artifices

Il y a quelque chose d'étrange et de beau à se tenir ici, entre la mer et les pierres. Le vent du large arrive sans prévenir, comme il l'a toujours fait, et les rangées de vestiges — rues, puits, îlots de maisons — semblent attendre qu'on leur pose enfin les bonnes questions. À Olbia, on ne visite pas des ruines. On lit une ville.

Une cité grecque intacte dans son plan, à deux pas des salins

Fondée au IVe siècle avant notre ère par Marseille — alors Massalia —, Olbia était une colonie-forteresse destinée à sécuriser les routes commerciales maritimes. Ses premiers habitants étaient à la fois soldats, pêcheurs et agriculteurs : des citoyens massaliotes envoyés tenir une frontière. Ce qui les distingue de tant d'autres sites méditerranéens, c'est la lisibilité du lieu. Olbia est l'unique exemple conservé dans l'intégralité de son plan d'urbanisme parmi les colonies grecques fondées par Marseille. On y distingue encore les fortifications, les rues dotées d'égouts et de trottoirs, un puits collectif, des boutiques, des thermes, des sanctuaires. Mille ans d'histoire urbaine superposés, et par-dessus tout cela, les vestiges d'une abbaye médiévale — Saint-Pierre de l'Almanarre — qui rappelle que le site n'a jamais vraiment été abandonné.

C'est dans ce décor que prend place, les 13 et 14 juin 2026, une visite commentée de l'exposition 'Histoires d'Hyères : ce que raconte l'archéologie en 2025'. La séance dure environ quarante minutes. Elle se tient sur le site archéologique d'Olbia, Route de l'Almanarre, à Hyères, et s'adresse aux visiteurs à partir de 12 ans — avec la présence obligatoire d'un adulte. La réservation se fait en ligne, via la billetterie du site.

Ce que la terre a rendu en 2025

L'exposition dont il est question ici n'est pas un résumé pédagogique destiné aux scolaires. C'est un compte rendu de recherche vivante. Elle présente les résultats des dernières fouilles préventives conduites à Olbia par le Département du Var et l'Inrap — Institut national de recherches archéologiques préventives —, notamment sur la nécropole romaine du site. Elle dévoile également les conclusions des fouilles programmées au château d'Hyères, menées par le LA3M, Laboratoire d'Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée. Deux chantiers, deux temporalités, deux équipes — et une seule question qui traverse tout : que nous apprend encore le sol de ce territoire ?

'Ce que raconte l'archéologie en 2025' — le titre de l'exposition dit l'essentiel : ici, la discipline parle au présent.

Ce type de médiation, où les chercheurs eux-mêmes — ou du moins leurs résultats bruts, non encore filtrés par des années de vulgarisation — sont mis face au public, reste rare. On est loin des reconstitutions en 3D et des bornes interactives. On est dans le concret : une nécropole romaine, des couches stratigraphiques, des objets qui posent des questions autant qu'ils apportent des réponses.

Pour le visiteur curieux, la visite commentée offre une grille de lecture que la déambulation seule ne peut pas donner. Comprendre pourquoi telle rue a été tracée là, ce que signifie la présence d'une nécropole à cet endroit précis, comment le château médiéval d'Hyères s'inscrit dans une continuité d'occupation — tout cela demande un guide, une voix, un fil. Quarante minutes, c'est court. Mais sur un site aussi dense, c'est souvent suffisant pour que quelque chose bascule dans le regard.

Hyères, souvent réduite dans l'imaginaire touristique à ses palmiers et à sa presqu'île de Giens, porte en réalité l'une des mémoires archéologiques les plus riches du Var. La ville haute médiévale, le littoral antique, les îles d'Or en face — chaque couche géographique correspond à une couche historique. Olbia en est le point de convergence le plus lisible, et ces deux journées de juin en sont, pour cette saison, le moment le plus documenté.

On réservera sa place en ligne avant de prendre la route de l'Almanarre. On viendra avec de bonnes chaussures, une curiosité sans agenda, et peut-être l'envie de rester un peu après la visite — assis sur un muret de pierre vieille de vingt-cinq siècles, à regarder la mer que regardaient déjà les soldats-colons de Massalia.

© Site archéologique d'Olbia ©Laurent Borrel (CCJ-AMU)
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