Il y a, boulevard de la Croisette, un bâtiment que les habitués de Cannes connaissent bien sans toujours s'y arrêter. La Malmaison — ancienne dépendance du Grand Hôtel, façade Belle Époque posée entre le bruit des terrasses et le clapotis de la Méditerranée — abrite aujourd'hui le Pôle d'art contemporain de la ville. On y entre comme on glisse dans une parenthèse : dehors, l'été cannois dans toute son agitation ; dedans, le silence particulier des salles d'exposition où l'on commence à regarder autrement.
Cet été, les cimaises appartiennent à Marion Charlet. L'exposition s'intitule Felicità — et le mot, dans la bouche d'une peintre dont l'œuvre ne ressemble à rien de tranquille, mérite qu'on s'y attarde. Marion Charlet construit des tableaux où l'architecture se dérègle : des lignes qui prolifèrent, des perspectives qui se contredisent, des façades qui semblent vouloir se défaire d'elles-mêmes tout en tenant, contre toute attente, une cohérence formelle troublante.
Une heure avec un médiateur
Le jeudi 13 août 2026 à 11h, le Pôle d'art contemporain propose une visite guidée de cette exposition, d'une durée d'une heure. Le principe est simple et efficace : un médiateur culturel accompagne le groupe à travers les œuvres, offrant les clés pour lire ces architectures alambiquées, ces entrelacs de traits qui, au premier regard, peuvent dérouter. Ce n'est pas un cours magistral — c'est une conversation devant les tableaux, le genre de moment où l'on repart avec une façon différente de regarder non seulement la peinture, mais aussi les bâtiments qu'on croise en sortant.
La médiation culturelle, en France, a cette vertu de ne jamais présupposer ce que le visiteur sait ou ne sait pas. On vient avec ses questions, ses silences, ses intuitions. Le médiateur est là pour tisser des liens — entre les œuvres, entre l'artiste et son contexte, entre ce qu'on voit et ce qu'on ressent sans encore pouvoir le formuler.
«Explorer les lignes complexes et les architectures alambiquées des peintures de Marion Charlet» — c'est ainsi que le Pôle d'art contemporain décrit lui-même cette invitation à regarder.
Ce que Cannes réserve à ses amateurs d'art
Cette visite s'inscrit dans la programmation estivale L'été à Cannes 2026, qui fait de la ville bien plus qu'un décor de festival ou une vitrine de la Croisette. La Malmaison a cette capacité assez rare de proposer de l'art contemporain exigeant dans un cadre architectural qui porte lui-même une histoire — celle d'une ville qui a toujours su faire coexister le spectacle et la réflexion, le faste et la discrétion.
Marion Charlet appartient à une génération de peintres français qui travaillent la représentation avec une liberté revendiquée. Ses toiles ne cherchent pas la fidélité au réel — elles le tordent, le multiplient, le font vibrer jusqu'à ce que la forme elle-même devienne le sujet. Voir ces œuvres au bord de la Méditerranée, dans la lumière particulière d'un matin d'août, ce n'est pas anodin.
Les tarifs sont accessibles et pensés pour tous les publics : - Plein tarif : 6,50 € - Tarif réduit : 4,50 € (18-25 ans, Cannes Pass Culture, Cannes Seniors Le Club) - Tarif réduit : 2 € (moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d'emploi, porteurs de la carte handicap et leur accompagnateur)
Une heure, un jeudi matin, des tableaux qui ne se laissent pas oublier. C'est, en somme, ce que Cannes sait faire quand elle n'est pas en train de se regarder dans le miroir du monde entier — proposer, discrètement, quelque chose qui dure.
