RIVIERA · Sainte-Maxime

Scène

Le Carré ouvre ses portes — et ses coulisses

Le temps d'un samedi, le théâtre de Sainte-Maxime lève le rideau sur ses secrets.

Sainte-Maxime19 septembre3 min
© ©Aurane Chauvet / Théâtre Le Carré Sainte-Maxime

Pourquoi y aller

  • Coulisses, régie et loges enfin accessibles
  • Transmission directe par l'équipe du théâtre
  • Pratique scénique sur le grand plateau

Il y a quelque chose d'un peu vertigineux à franchir une porte qui, d'ordinaire, reste close. Pas la porte du public, celle qu'on emprunte le soir du spectacle en cherchant son rang dans le noir — non, l'autre. Celle des techniciens, des régisseurs, des comédiens en pleine concentration. Le Théâtre Le Carré Sainte-Maxime, samedi 19 septembre, l'ouvre à tout le monde.

C'est dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine que le Carré propose ce parcours en trois étapes à travers ses espaces habituellement fermés au public. Trois créneaux sont prévus — 10h00, 14h00 et 17h00 — pour des groupes de dix personnes maximum, accompagnés par l'équipe du théâtre elle-même. La billetterie est à rejoindre quinze minutes avant le début, et le parcours est accessible dès huit ans, à condition d'être accompagné d'un adulte.

Derrière le grand plateau

Sainte-Maxime n'est pas seulement une station balnéaire que l'on traverse en juillet avant de gagner Saint-Tropez en ferry. La ville a ses propres ancrages culturels, et le Carré en est l'un des plus solides. Installé au 107 route du Plan de la Tour, ce théâtre municipal programme tout au long de la saison des spectacles de danse, de théâtre, de musique — un outil professionnel complet, avec tout ce que cela implique en termes d'infrastructure invisible.

C'est précisément cette infrastructure que la visite dévoile. Le plateau, l'arrière-scène, les loges, la régie, les passerelles — autant d'espaces qui constituent l'ossature de chaque représentation et que le spectateur ne voit jamais. On y découvre les métiers du son et de la lumière, ces disciplines techniques qui font qu'un comédien peut exister dans l'espace, que la musique prend corps, qu'une scène devient crédible.

«Partager son quotidien, ses savoir-faire et faire découvrir les étapes qui jalonnent l'accueil d'un spectacle, du montage à la représentation» — c'est ainsi que l'équipe du Carré décrit elle-même l'ambition de ce parcours.

Du montage à la représentation

Le plus précieux dans ce type de visite, c'est rarement le décor en lui-même. C'est la chaîne humaine qui se révèle. Un spectacle ne naît pas le soir de la première — il naît plusieurs jours avant, quand les camions arrivent, quand les techniciens tracent les marques au sol, quand la régie teste les gradients de lumière pendant des heures. L'équipe du Carré s'est engagée à raconter tout cela, étape par étape, dans le lieu même où ça se passe.

Le parcours inclut aussi une dimension pratique : les participants sont invités à expérimenter la pratique théâtrale sur le grand plateau. Pas une démonstration à regarder de loin — une mise en situation, avec le volume de la salle, l'acoustique du plateau, la présence physique de cet espace conçu pour être habité.

La jauge réduite — dix personnes par groupe, trois groupes par créneau — n'est pas une contrainte administrative. C'est ce qui rend la chose possible : une transmission réelle, dans un espace qui n'a pas été transformé en musée pour l'occasion. Le Carré ne se déguise pas en attraction ; il reste un théâtre de travail, et c'est cela qu'il montre.

Pour les familles du Var qui cherchent à passer un samedi de septembre autrement, pour les curieux de longue date qui ont vu des dizaines de spectacles ici sans jamais savoir ce qui se passait derrière, et pour ceux qui n'y sont encore jamais entrés — c'est peut-être la meilleure façon de commencer.

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