RIVIERA · Cannes

Exposition

La Malmaison en samedi après-midi : Carole Benzaken joue à la frontière

Une heure pour traverser l'exposition «Jam Session» avec un guide, sur la Croisette.

Cannes13 juin3 min
© Ville de Cannes

Pourquoi y aller

  • Carole Benzaken entre figuration et abstraction
  • Visite guidée d'une heure, tarifs accessibles
  • Villa historique au cœur de la Croisette

Il y a des après-midis cannois qui commencent sur le boulevard et finissent ailleurs — dans un espace où la lumière change de nature, où le regard doit se recalibrer. Le Centre d'art contemporain La Malmaison, logé au numéro 47 de la Croisette dans une villa Belle Époque qui a vu défiler les saisons depuis le XIXe siècle, est précisément ce genre d'endroit. On entre depuis le bruit du front de mer, et quelque chose se pose.

Le samedi 13 juin 2026 à 16h, le centre propose une visite guidée de l'exposition de Carole Benzaken intitulée «Jam Session». La séance dure une heure. Le paiement se fait sur place à l'accueil : 2 € pour la visite guidée, auxquels s'ajoute le billet d'entrée — 6,50 € en plein tarif, 2,50 € en tarif réduit pour les 18-25 ans, les groupes à partir de dix adultes et les porteurs du Cannes Pass Culture. La gratuité s'applique aux moins de 18 ans, aux étudiants, aux demandeurs d'emploi, aux personnes en situation de handicap et à leurs accompagnateurs, aux enseignants avec leur classe, ainsi qu'aux porteurs de la carte ICOM.

Ce que Benzaken fait avec la toile

Le titre dit beaucoup. Une jam session, dans le jazz, c'est le moment où les musiciens improvisent ensemble sans partition fixe — où la structure existe, mais où elle se laisse déborder. Carole Benzaken travaille exactement dans cet espace-là, mais avec la peinture : ses toiles entretiennent un va-et-vient constant entre figuration et abstraction, sans jamais se laisser figer d'un côté ou de l'autre. On croit reconnaître une forme, puis elle se dissout. On s'installe dans l'abstrait, et quelque chose surgit.

C'est une pratique qui demande au spectateur une certaine disponibilité — non pas de la culture spécialisée, mais une volonté de ne pas chercher à classer trop vite. Et c'est précisément là qu'intervient la visite guidée : non pour expliquer ce qu'il faudrait voir, mais pour ouvrir des entrées dans l'œuvre, donner des clés de lecture sans refermer le champ.

«L'œuvre joue sur la toile d'un incessant va-et-vient entre figuration et abstraction.» — présentation officielle de l'exposition

La Malmaison, entre Croisette et collection

Il faut dire un mot du lieu lui-même, parce qu'il compte. La Malmaison n'est pas une salle neutre : c'est une villa historique transformée en centre d'art, qui appartient depuis longtemps au paysage culturel de Cannes sans jamais faire de bruit inutile. Elle accueille des expositions temporaires d'art contemporain avec une ligne éditoriale exigeante, loin des événements de façade que la ville sait aussi produire pendant le Festival. En juin, quand la saison estivale commence à peser sur la Croisette, la Malmaison reste un espace à température humaine.

Ce samedi de juin, la lumière de fin d'après-midi entre différemment selon les salles. Une heure avec un guide dans cet espace, c'est le temps exact qu'il faut pour ne pas survoler et ne pas s'épuiser — pour laisser l'exposition faire son travail.

On peut venir seul, en couple, ou à deux générations : les conditions tarifaires sont pensées pour que l'accès ne soit pas un obstacle. Et si l'on arrive depuis la plage ou depuis un café de la Croisette, il n'y a que quelques pas à faire. C'est peut-être cela, au fond, ce que La Malmaison réussit le mieux — être là, disponible, dans une ville qui court souvent vers autre chose.

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