Il y a quelque chose d'un peu vertigineux à pousser la porte de La Malmaison en juillet. Dehors, la Croisette est à elle-même — la lumière blanche sur la Méditerranée, les terrasses qui débordent, ce ronronnement festif qui caractérise Cannes en plein été. Et dedans, au numéro 47 du boulevard, une autre agitation, plus silencieuse et tout aussi intense : celle des images d'Hervé Di Rosa, peintre inclassable qui a passé sa vie à traverser le monde avec ses pinceaux et ses obsessions.
Le 23 juillet 2026 à 17h, La Malmaison propose une visite guidée d'une heure autour de l'œuvre de cet artiste — l'une des figures fondatrices de la figuration libre en France. La visite s'inscrit dans le cadre de l'exposition « Mirages du monde, les peintures d'Hervé Di Rosa », présentée du 17 juillet au 8 novembre 2026 dans ce centre d'art contemporain installé dans l'une des villas Belle Époque les mieux conservées de la Croisette.
Un peintre venu des comics
Né à Sète en 1959, Hervé Di Rosa appartient à cette génération qui, au tournant des années 1980, a voulu réconcilier l'art savant avec les images populaires — bandes dessinées, jouets en plastique, affiches de foire, iconographies naïves du monde entier. Avec Robert Combas, Rémi Blanchard et quelques autres, il a co-fondé la figuration libre, mouvement qui a bousculé le milieu de l'art contemporain français en revendiquant haut et fort le droit à la couleur, à la narration, à la figure humaine — à l'époque où le conceptuel régnait en maître.
Mais Di Rosa n'est pas resté en France. Sa singularité tient précisément à ses voyages : le Mexique, le Sénégal, la Chine, l'Inde, la Louisiane, le Brésil — autant d'escales où il a non seulement observé, mais pratiqué. Il a appris les techniques locales, travaillé avec des artisans, adopté des matériaux improbables. Chaque territoire a laissé une empreinte dans sa peinture, non pas comme souvenir exotique, mais comme dialogue technique et formel.
« L'univers de Di Rosa puise dans les comics et explore toutes les techniques picturales au fil de ses voyages à travers le monde. »
La Malmaison, écrin Belle Époque sur la Croisette
Le lieu lui-même mérite qu'on s'y attarde. La Malmaison est l'une des rares villas historiques du boulevard à avoir conservé son architecture d'origine — façade ocre, grandes baies vitrées, proportions élégantes d'une époque où Cannes accueillait l'aristocratie européenne en villégiature. Transformée en centre d'art contemporain par la Ville de Cannes, elle accueille depuis plusieurs décennies des expositions temporaires d'envergure, avec une programmation qui alterne grands noms de l'art moderne et artistes contemporains reconnus. C'est dans ce cadre — entre mer et histoire — que les « Mirages du monde » de Di Rosa prennent une résonance particulière : un peintre qui voyage face à une ville qui a toujours aimé recevoir.
La visite guidée du 23 juillet dure une heure et offre une lecture accompagnée des œuvres exposées — un fil conducteur précieux pour qui veut comprendre les logiques d'un travail aussi riche et protéiforme. Les tarifs sont accessibles :
- Plein tarif : 8,50 €
- Tarif réduit (18–25 ans, Cannes Pass Culture, Cannes Seniors Le Club) : 5,50 €
- Tarif réduit (moins de 18 ans, étudiant, demandeur d'emploi, porteur de la carte handicap et son accompagnateur) : 2 €
Une heure, donc. Pas davantage — mais suffisamment pour sortir de la torpeur estivale et regarder autrement ce que signifie peindre le monde quand on a vraiment pris la peine de le traverser. La Croisette attendra.
