RIVIERA · Nice

Exposition

À Cimiez, l'archéologie sort de ses fouilles

Les 13 et 14 juin, chercheurs et médiateurs ouvrent leurs carnets au musée de Cimiez.

Nice13–14 juin4 min
© © Métropole Nice Côte d'Azur

Pourquoi y aller

  • Chercheurs INRAP et CEPAM en accès direct
  • Collections romaines et épave antique de Golfe-Juan
  • Deux musées niçois réunis en un lieu

Il y a quelque chose d'étrange et de familier à la fois dans ce quartier de Cimiez. On monte depuis le bruit de la Promenade, on traverse les jardins où les rosiers tiennent leur rang, et soudain les arènes romaines apparaissent — debout, silencieuses, comme si elles attendaient qu'on leur pose enfin les bonnes questions. C'est précisément ici, au cœur de ce qui fut Cemenelum, capitale de la province des Alpes Maritimae, que se tiendra les 13 et 14 juin 2026 une rencontre ouverte avec les acteurs de l'archéologie des Alpes-Maritimes.

Le rendez-vous a lieu au Musée archéologique de Cimiez, 160 avenue des Arènes de Cimiez. Pas une conférence en amphithéâtre, pas un colloque fermé : une rencontre, au sens propre du terme, entre le public et ceux qui passent leur vie à interroger la terre, les strates, les ossements et les tessons. Archéologues de la Métropole Nice Côte d'Azur, membres du laboratoire CEPAM, agents de l'INRAP, chercheurs de l'Institut de paléontologie humaine de Nice, médiateurs et guides-conférenciers du musée de Cimiez et du musée de préhistoire de Terra Amata — tous seront là pour parler de leurs métiers et de l'actualité de leurs recherches.

Ce que Cemenelum a encore à dire

Le musée lui-même est une invitation à prendre le temps. Ses collections sont nées des fouilles menées entre 1950 et 1969 sur ce site acquis par la municipalité niçoise : inscriptions officielles, objets du quotidien, documents privés qui reconstituent la vie d'une ville romaine de province. Mais les collections ne s'arrêtent pas aux frontières du site : on y trouve aussi des pièces provenant de toute la région, et notamment des objets remontés de l'épave de la Fourmigue C, au large de Golfe-Juan — un naufrage antique qui rappelle que la mer Ligure était, elle aussi, une route commerciale très fréquentée.

Ce qui rend cette rencontre particulièrement dense, c'est la diversité des regards qu'elle rassemble. L'archéologie des Alpes-Maritimes est un territoire de superpositions : préhistoire profonde, antiquité romaine, Moyen Âge, et les couches géologiques qui précèdent tout cela. Le CEPAM — Cultures, Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge — travaille précisément sur ces longues durées, là où l'histoire humaine se confond avec l'histoire du paysage. L'Institut de paléontologie humaine, lui, remonte encore plus loin, vers les origines mêmes de la présence humaine sur ce littoral.

«Rencontrez les différents acteurs de l'archéologie des Alpes-Maritimes pour découvrir leurs métiers et l'actualité de leurs recherches.»

Une journée pour poser les vraies questions

Ce que promet ce format — et c'est sa force — c'est l'accès direct. Pas un panneau de musée, pas une notice de catalogue, mais une conversation avec quelqu'un qui vient de rentrer du terrain, ou qui travaille en ce moment même sur un corpus de céramiques ou une séquence stratigraphique. Les médiateurs et guides-conférenciers des deux musées niçois seront également présents, ce qui signifie que les visiteurs moins familiers du vocabulaire scientifique auront des interlocuteurs capables de traduire sans appauvrir.

Pour qui est-ce fait ? Pour le curieux qui passe souvent devant les arènes sans trop savoir ce qu'elles recèlent. Pour l'étudiant qui hésite entre plusieurs voies. Pour le passionné qui suit déjà les actualités des fouilles régionales et veut approfondir. Pour le parent qui cherche comment parler de tout cela à ses enfants sans simplifier à l'excès. Nice a cette particularité d'être une ville où la préhistoire (Terra Amata, site vieux de quelque 400 000 ans) et l'Antiquité romaine coexistent à quelques kilomètres de distance — une densité rare, même sur la Méditerranée.

Les 13 et 14 juin, Cimiez sera donc le lieu où cette densité-là devient accessible et vivante. Pas besoin d'être spécialiste pour venir. Il suffit d'avoir envie de savoir ce que la terre de ce coin de Provence-Alpes-Côte d'Azur garde encore en mémoire — et de trouver quelqu'un pour répondre.

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