RIVIERA · Fréjus

Exposition

Sur la butte qui a tout vu naître

À Fréjus, un archéologue ouvre les portes d'un site romain hors du commun.

Fréjus14 juin3 min
© © Ville de Fréjus

Pourquoi y aller

  • Un archéologue partage ses dernières découvertes
  • Groupes limités à 30 personnes, deux créneaux
  • Site fondateur de Forum Julii, rarement ouvert

Il y a des endroits où le sol parle avant même qu'on lui pose une question. La Butte Saint-Antoine est de ceux-là. Perchée au-dessus de la ville moderne, elle garde en elle deux mille ans de mémoire comprimée — des premières cabanes des colons de César jusqu'aux murs d'enceinte d'un complexe administratif qui supervisait l'une des plus grandes bases navales de la Méditerranée occidentale. On passe devant en voiture sur le chemin de la Lanterne d'Auguste, on aperçoit parfois une silhouette qui mesure, qui photographie, qui gratte. Et on se dit qu'il faudrait s'arrêter un jour.

Ce dimanche 14 juin 2026, on peut enfin le faire — et dans les meilleures conditions qui soient.

Ce que recèle la Plate-Forme romaine

La Plate-Forme romaine s'étend sur quelque 8 100 m² : c'est l'un des ensembles monumentaux archéologiques les mieux préservés de Fréjus, et l'un des plus méconnus du grand public. Les fouilles ont mis au jour des traces d'occupation dès 45-44 av. J.-C., au moment même où Forum Julii — le nom latin de Fréjus — prenait forme sous l'impulsion de Jules César. Ce que l'on a retrouvé là n'est pas un temple ni un amphithéâtre spectaculaire : c'est quelque chose de plus intime et de plus précieux. Des habitations modestes, signe d'une installation progressive et humaine. Et, au milieu d'elles, une maison plus cossue, d'influence italienne, qui dit déjà les hiérarchies sociales de cette jeune ville.

Puis, vers 27-25 av. J.-C., tout bascule. Une enceinte est édifiée, des remblais considérables viennent soutenir ce qui devient un complexe administratif monumental — très probablement un prétoire, centre de commandement depuis lequel on administrait la région et on coordonnait les opérations de la flotte romaine. Forum Julii n'était pas qu'une ville provinciale : c'était un nœud stratégique de l'Empire, et cette butte en était le cœur nerveux.

«Les premières structures urbaines se trouvaient sur cette butte, à l'écart du futur centre urbain» — une géographie de pouvoir que les archéologues continuent de déchiffrer.

Une visite guidée par un archéologue, en petit groupe

Le dimanche 14 juin, deux visites sont proposées : à 11h00 et à 15h00. Chaque groupe est limité à trente personnes — un chiffre qui n'est pas anodin. Sur un site archéologique actif, la proximité avec le guide change tout : on peut poser des questions, s'attarder sur un détail, comprendre pourquoi telle strate de terre dit telle chose. L'archéologue qui mène la visite ne récite pas une notice de musée ; il partage les dernières données issues des fouilles, ce que l'on sait maintenant et ce que l'on cherche encore.

Le lieu lui-même mérite qu'on prenne le temps d'y arriver à pied depuis le centre historique, en longeant les vestiges de l'aqueduc ou en passant par les ruelles de la vieille ville. Fréjus a cette particularité rare sur la Côte d'Azur : son patrimoine romain n'est pas reconstitué pour les touristes, il est là, brut, encore en cours d'interrogation. L'arène, les thermes, la lanterne d'Auguste au bord de ce qui fut le port — tout rappelle que cette ville fut, pendant des siècles, l'une des grandes puissances du rivage méditerranéen.

Pour cette journée de juin, prévoir des chaussures confortables, un chapeau, et peut-être un carnet. Parce qu'on ressort de ce genre de visite avec des images qui restent — une coupe de terrain, un alignement de pierres, la vue sur la plaine depuis la butte — et l'envie de revenir quand les fouilles auront encore avancé.

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