RIVIERA · Menton

Concert

Quand le jazz et le tango se retrouvent à Menton

Au Palais de l'Europe, Fanny Azzuro et Popaul Amisi font danser deux mondes.

Menton31 juillet3 min
© Peter Alfred Hess / flickr

Pourquoi y aller

  • Jazz, swing et tango réunis en un seul programme
  • Concert dansé dans un salon historique et intime
  • 77ème édition d'un festival ancré dans la Côte d'Azur

Il y a des soirs à Menton où l'air sent encore la chaleur du jour, où les palmiers du boulevard de Garavan ne bougent pas d'un souffle et où l'on se demande si la ville n'a pas été inventée précisément pour accueillir ce genre de moment — une nuit de musique dans un salon qui a vu défiler des têtes couronnées. Ce vendredi 31 juillet 2026, le Salon de Grande Bretagne du Palais de l'Europe sera le théâtre d'une rencontre que l'on n'attendait peut-être pas, mais que l'on comprend dès les premières mesures.

Fanny Azzuro et Popaul Amisi arrivent sur scène avec leurs univers respectifs, distincts, presque inconciliables sur le papier. Jazz, swing, tango — trois langues musicales qui ont chacune leur géographie, leur histoire, leur façon de tenir le temps. Et pourtant, c'est précisément cette distance que Rhapsody s'emploie à mesurer, à traverser, à transformer en dialogue. Un concert dansé : la musique n'est pas seulement à écouter, elle est à voir bouger.

Menton, scène naturelle depuis 77 ans

Le Festival de Musique de Menton n'a pas besoin de se présenter sur la Côte d'Azur. Depuis sa création, il a fait du parvis de la basilique Saint-Michel — l'une des plus belles places baroques de la région — sa scène emblématique, et de la ville-frontière son décor permanent. Menton est une ville qui a toujours joué sur les contrastes : italienne de cœur, française de passeport, avec une lumière qui appartient aux deux rives. Cette 77ème édition s'inscrit dans cette longue tradition de programmations qui mêlent grands répertoires et propositions plus singulières.

Le Salon de Grande Bretagne, lui, offre un cadre plus intime que les soirées en plein air. Pas de ciel étoilé au-dessus des têtes, mais une salle chargée d'histoire, au 8 avenue Boyer, à deux pas des jardins et du front de mer. L'acoustique y est différente, le rapport au public aussi — plus proche, plus direct. Pour un concert où la danse fait partie du propos, ce choix de salle n'est pas anodin.

«Deux univers différents, deux cultures différentes et pourtant tant de complémentarité sur scène.» — présentation officielle de Rhapsody

Ce que l'on vient chercher un soir comme celui-là

Le jazz a ses racines dans la Nouvelle-Orléans et Harlem, le tango dans les faubourgs de Buenos Aires et Montevideo, le swing dans les dancings de l'entre-deux-guerres. Ces musiques sont nées de métissages, de tensions, de rencontres entre des gens qui n'étaient pas censés se retrouver dans la même salle. En ce sens, Rhapsody ne fait que prolonger ce mouvement fondateur : prendre deux trajectoires artistiques et les laisser se chercher, se trouver, parfois se contrarier.

Ce qui distingue un concert dansé d'un simple récital, c'est que le corps devient une partition supplémentaire. Le geste répond à la phrase musicale, la devance ou la suit d'un demi-temps. Pour le spectateur, l'expérience est double : on écoute et on regarde simultanément, et les deux sens se nourrissent l'un l'autre d'une façon que l'on ne sait pas toujours nommer.

Pour les informations pratiques — billetterie, horaires précis, tarifs —, le site officiel du festival reste la référence : festival-musique-menton.fr. Menton est accessible depuis Nice en une trentaine de minutes par le train côtier, l'une des lignes les plus spectaculaires de la région, qui longe la mer entre Èze et la frontière italienne.

Venir à Menton un soir de festival, c'est aussi accepter que la soirée ne s'arrête pas à la dernière note. La vieille ville est à quelques minutes à pied, les restaurants du marché couvert restent animés tard, et la promenade du Soleil a cette qualité rare de ne jamais sembler vide, même après minuit. Le concert est une porte d'entrée. Ce que l'on fait ensuite appartient à chacun.

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