RIVIERA · Cannes

Concert

Quand Cannes laisse parler les guitares

Un vendredi soir de juin, la Médiathèque Noailles ouvre ses portes au rock, au grunge et au cinéma.

Cannes19 juin3 min
© Ville de Cannes

Pourquoi y aller

  • Entrée libre pour deux concerts et un film
  • DullBoy mêle rock, trip-hop et électronique
  • Projection de *Good morning England* à 21h30

Il y a des soirs où Cannes range ses strass. Où la Croisette cède la place aux ruelles du centre-ville, aux façades délavées par le sel et au bruit sourd d'un ampli qu'on règle dans l'arrière-salle. Le 19 juin 2026, c'est la Médiathèque Noailles — cet espace culturel discret de l'avenue Jean de Noailles — qui devient le point de ralliement de ceux qui préfèrent les riffs aux paillettes.

La Fête de la musique, née en France en 1982 sous l'impulsion de Jack Lang et Maurice Fleuret, a depuis longtemps débordé les places publiques pour s'installer dans les lieux les plus inattendus : bibliothèques, cours intérieures, halls de gare. Ce choix de la médiathèque n'est donc pas anodin. Il dit quelque chose sur la façon dont Cannes, ville de festivals au pluriel, entend célébrer ce solstice musical — non pas sur une grande scène sponsorisée, mais dans un espace de proximité, à taille humaine, entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Trois temps, trois univers

La soirée s'articule en trois séquences bien distinctes. À 19h, c'est DullBoy qui ouvre le bal. Le projet fusionne rock, trip-hop et électronique — une combinaison qui évoque autant les textures sombres de Portishead que l'énergie abrasive d'un groupe de garage. Ce mélange de genres, caractéristique d'une certaine scène indépendante française qui refuse les cases, promet une mise en jambes singulière, loin du rock à guitare convenu.

À 20h, le Baston Baston Club prend le relais avec une proposition plus directement ancrée dans la tradition rock — hommage assumé à un genre et à une époque, dans une ambiance que les organisateurs qualifient eux-mêmes de festive. Entre grunge hérité de Seattle et stoner aux riffs hypnotiques, ce deuxième set devrait faire monter la température d'un cran.

«Good morning England» — le film de Richard Curtis sur la radio pirate des années 60 — vient clore la soirée comme une évidence : le rock a toujours eu besoin de trouver ses propres canaux pour exister.

À 21h30, la soirée bascule vers le grand écran avec la projection de Good morning England (titre original : The Boat That Rocked), la comédie de Richard Curtis sortie en 2009. Deux heures quinze de rock'n'roll britannique des années 60, de DJs en mer du Nord et de liberté radiophonique. Un choix de programmation cohérent, presque pédagogique dans le bon sens du terme : rappeler d'où vient cette musique, ce qu'elle a dû conquérir pied à pied.

Cannes hors cadre

On oublie parfois que Cannes est aussi une ville qui vit douze mois sur douze, avec ses habitants, ses associations, ses lieux culturels de quartier. La Médiathèque Noailles en est l'un des symboles les plus fidèles — un espace qui programme toute l'année expositions, ateliers et rencontres, loin des projecteurs du Palais des Festivals. Y organiser une soirée rock le soir de la Fête de la musique, c'est offrir à la ville un reflet d'elle-même qu'on ne voit pas toujours dans les magazines.

La soirée commence à 19h et se déroule au 1 avenue Jean de Noailles, à deux pas du centre-ville. Pas de billet à réserver, pas de bracelet à récupérer — juste se présenter, trouver une place si la chance est de la partie, et laisser la musique faire le reste. Ce genre de rendez-vous, simple dans sa forme et généreux dans son intention, est souvent celui dont on se souvient le mieux à la fin de l'été.

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