Il y a des soirs où la place Masséna cesse d'être un simple carrefour niçois pour devenir autre chose — une sorte d'agora à ciel ouvert, tendue vers la musique comme une oreille attentive. L'été, quand le Nice Jazz Fest s'y installe, la fontaine aux sculptures de Sacha Sosno, les façades ocre et les terrasses qui débordent forment un décor qui n'a rien à envier aux grandes salles couvertes. C'est dans ce cadre que Naïka montera sur la Scène Masséna le 23 juillet 2026.
Naïka est une artiste franco-haïtienne, et cette double appartenance n'est pas un simple détail biographique : c'est le moteur même de sa musique. Enfant, elle n'a pas grandi dans une seule ville ni dans un seul pays. Les Caraïbes, le Pacifique Sud, le Kenya, la France, l'Afrique du Sud, les États-Unis — autant d'escales qui ont façonné une sensibilité rare, celle de quelqu'un pour qui la langue musicale est, par nécessité autant que par nature, plurielle.
Une voix formée par les routes
Ce parcours international, on l'entend dans la façon dont Naïka construit ses chansons : les influences s'y superposent sans jamais se neutraliser. Il y a dans sa musique quelque chose qui résiste à l'étiquette facile, ce mélange de mémoires sonores accumulées sur plusieurs continents, tissé avec la précision d'une artiste qui sait ce qu'elle porte. La scène niçoise, habituée depuis des décennies à accueillir des voix venues de partout, est un cadre particulièrement juste pour ce type de proposition.
« Une enfance à voyager et à grandir aux quatre coins — Caraïbes, Pacifique Sud, Kenya, France, Afrique du Sud, États-Unis. » — c'est ainsi que l'on résume le parcours de Naïka, et chaque escale a laissé sa trace.
Le Nice Jazz Fest, lui, n'est pas un festival comme les autres. Né en 1948 — ce qui en fait l'un des plus anciens festivals de jazz d'Europe —, il a vu défiler sur ses scènes des noms qui ont écrit l'histoire du genre. Mais au fil des années, il a su élargir son spectre sans se renier, accueillant des artistes qui dialoguent avec le jazz sans nécessairement en être les héritiers directs. Naïka s'inscrit dans cette logique d'ouverture qui fait la réputation du festival.
La place Masséna, scène naturelle
Choisir la Scène Masséna pour une artiste au profil aussi voyageur, c'est presque une évidence géographique. Nice elle-même est une ville de croisements : italienne hier, française depuis 1860, cosmopolite aujourd'hui, avec cette lumière méditerranéenne qui donne à tout ce qu'elle touche une qualité particulière. La place Masséna, cœur battant de la ville, concentre cette identité composite. Le soir d'un concert, quand la foule s'y rassemble et que les premières notes traversent l'air chaud de juillet, quelque chose se produit qui tient autant du lieu que de la musique.
Pour ceux qui viennent au festival avec l'envie de sortir des sentiers balisés, la programmation de la Scène Masséna offre souvent les découvertes les plus durables. Ce sont ces concerts-là dont on parle encore longtemps après, non pas parce qu'on savait ce qu'on allait trouver, mais précisément parce qu'on ne le savait pas.
Le 23 juillet 2026, la place Masséna sera le bon endroit où se trouver. Pour les détails pratiques — billetterie, horaires, programme complet —, le site officiel du festival reste la référence : nicejazzfest.fr.
