RIVIERA · Antibes

Concert

Les Nuits Carrées ouvrent l'été à Antibes avec cinq voix et autant de mondes

Le 21 juin, l'esplanade du Pré des Pêcheurs devient la scène de tous les possibles.

Antibes21 juin3 min
© Office de Tourisme d'Antibes Juan-les-Pins

Pourquoi y aller

  • Cinq artistes aux univers radicalement différents
  • Scène en plein air face aux remparts d'Antibes
  • Ouverture le soir du solstice d'été

Il y a des soirs où Antibes cesse d'être une ville pour devenir un état d'esprit. Quand la lumière du solstice tarde à quitter le ciel et que la Méditerranée garde la chaleur du jour, quelque chose se passe sur les bords de mer — une attente collective, un accord tacite entre les gens et le lieu. C'est dans cet intervalle suspendu, entre le dernier rayon et la première étoile, que les Nuits Carrées ont choisi de s'installer depuis des années. Et cette édition ne fait pas exception.

Le 21 juin, journée officielle de la Fête de la Musique dans toute la France, le festival ouvre ses portes à l'Esplanade du Pré des Pêcheurs — cette langue de bitume et de ciel ouverte sur les remparts vieillis de la vieille ville, à deux pas du port Vauban et de ses voiliers immobiles. L'adresse, 22 avenue de Verdun, n'a rien d'anodin : c'est l'un des rares endroits sur la Côte d'Azur où un concert en plein air peut vous donner le sentiment d'être à la fois au centre du monde et loin de tout.

Cinq propositions pour une seule nuit

La programmation de cette soirée d'ouverture réunit cinq noms aux univers bien distincts, ce qui est précisément le style des Nuits Carrées : ne jamais s'enfermer dans un seul registre, faire coexister des esthétiques qui, ailleurs, ne se croiseraient pas. Au programme du 21 juin : Boom Brass, Killian Alaari, Yass Sogo, Afrasonic Y El G.P.O et More Amour. Cinq propositions musicales, cinq façons d'habiter une même scène.

On ne sait pas encore tout de chaque set — et c'est peut-être mieux ainsi. Ce que les noms évoquent suffit à dessiner une soirée plurielle, quelque part entre les cuivres collectifs d'un Boom Brass qui semble taillé pour les espaces ouverts, les territoires plus intimes que laissent pressentir Killian Alaari ou More Amour, et les croisements afro-électroniques qu'Afrasonic Y El G.P.O porte dans son nom même. Yass Sogo complète l'affiche avec cette logique propre aux festivals qui savent encore prendre des risques : mettre sur scène ce que le grand public ne connaît pas encore, mais qu'il regretterait d'avoir manqué.

Les Nuits Carrées ont toujours parié sur la curiosité du public antibois — et ce public, année après année, leur donne raison.

Un festival, une ville, une longue histoire commune

Antibes n'est pas une ville qui a besoin qu'on lui invente un caractère. Picasso y a peint, Graham Greene y a écrit, et des générations de marins, de pêcheurs et de voyageurs y ont fait escale en se disant qu'ils repartiraient demain. Le festival des Nuits Carrées s'inscrit dans cette tradition d'hospitalité sans chichis — celle d'une ville qui accueille sans se dénaturer.

L'esplanade du Pré des Pêcheurs, elle, porte dans son nom la mémoire d'un usage plus ancien : avant les concerts, avant les barnums, c'était l'espace des gens de mer, du quotidien ordinaire. Aujourd'hui, c'est l'un des plateaux naturels les plus généreux de la région pour un concert en plein air — assez grand pour respirer, assez bien situé pour que la ville entière serve de décor.

Pour les informations pratiques — tarifs, horaires détaillés, accès — le site officiel du festival, nuitscarrees.com, reste la référence. Les Nuits Carrées ont la réputation de mettre à jour leurs pages au fil des confirmations, et une soirée comme celle du 21 juin mérite qu'on s'y prépare avec soin plutôt qu'à la dernière minute.

Ce soir-là, Antibes sera ce qu'elle est toujours au meilleur d'elle-même : une ville qui écoute.

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