RIVIERA · Nice

Concert

Jazz à Valrose : le festival prend racine

Deux soirées, six groupes, un parc historique — le jazz niçois change de dimension.

Nice5–6 juin4 min
© ©unica

Pourquoi y aller

  • Première édition en format festival
  • Célia Kameni, lauréate Victoires du Jazz 2025
  • Cinéma en plein air dédié au jazz

Il y a des lieux à Nice qui semblent faits pour la musique. Le parc de Valrose en est un. Ses allées tracées au XIXe siècle par l'horticulteur Joseph Carles, ses frondaisons qui filtrent la lumière du soir, son château qui domine l'ensemble avec cette autorité tranquille propre aux bâtisses qui ont vu passer plusieurs générations — tout cela forme un cadre qui n'a pas besoin d'artifices. Quand les premières notes montent dans l'air tiède de juin, le lieu fait la moitié du travail.

C'est ici, au château et parc de Valrose, 28 avenue Valrose, que Jazz à Valrose revient les 5 et 6 juin 2026. Mais cette année, quelque chose a changé. L'événement, qui existait sous une forme plus modeste, franchit un cap : il se déclare officiellement festival. Une première, dans toute l'acception du terme.

Une mue, pas une simple croissance

La transformation n'est pas que sémantique. Le programme s'est étoffé pour prendre la forme de trois soirées distinctes — dont une séance de cinéma en plein air consacrée au jazz, avant que la musique live ne prenne le relais sur deux autres soirées. Six groupes et des DJ se succèdent, avec le jazz comme dénominateur commun, mais sans en faire une prison de genre. C'est précisément ce qui rend la chose intéressante : le jazz, depuis longtemps, n'est plus une forteresse. Il dialogue, il absorbe, il se laisse traverser.

Les noms déjà annoncés donnent le ton. Kamaal Williams, pianiste et producteur britannique dont le travail navigue entre jazz contemporain et influences électroniques, a sa place ici autant qu'en salle de concert. Célia Kameni, tout juste couronnée aux Victoires du Jazz 2025, apporte avec elle la reconnaissance d'une scène qui sait repérer ce qui compte. Sophye Soliveau complète ce premier volet d'une programmation qui, selon les organisateurs, réserve encore d'autres propositions — toujours en phase, dit-on, avec les nouvelles générations du genre.

« Le jazz pour dénominateur commun » — une formule qui laisse de la place, et c'est exactement ce qu'il faut.

Ce que le parc fait à la musique

Valrose n'est pas un simple décor de verdure. Le jardin dessiné par Joseph Carles a cette qualité rare d'être à la fois structuré et généreux — des perspectives nettes, des espaces qui invitent à s'arrêter, une végétation qui a eu le temps de devenir majestueuse. Le château lui-même, propriété de l'Université Côte d'Azur, appartient à ce patrimoine niçois que les habitants connaissent sans toujours avoir l'occasion d'y revenir.

Un festival de musique en plein air dans ce cadre, c'est aussi une façon de rouvrir le lieu à la ville. Nice a cette particularité d'être une métropole méditerranéenne où les grandes manifestations culturelles cohabitent avec une vie de quartier dense — le parc de Valrose se trouve dans la partie nord du centre-ville, loin de la Promenade et de ses flux touristiques, dans une Nice plus discrète et plus locale.

Pour les deux soirées musicales, les 5 et 6 juin, les portes ouvrent à 16h. C'est une heure qui dit quelque chose : on arrive en fin d'après-midi, quand la lumière commence à pencher, on laisse la soirée s'installer autour de la musique. Le cinéma en plein air — moment à part, consacré au jazz sous une autre forme — s'inscrit dans cette même logique d'un festival qui ne se contente pas d'aligner des concerts.

Jazz à Valrose en 2026 ressemble à un pari raisonnable : prendre un événement qui fonctionnait, lui donner une ambition nouvelle, et le faire dans un lieu qui a tout ce qu'il faut pour que ça tienne. Nice, ville où le jazz a depuis longtemps ses habitudes estivales, accueille cette mue sans que personne n'ait besoin de forcer le trait. Le parc de Valrose sera là, les arbres de Carles aussi. Il ne reste qu'à venir.

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