Il y a des soirs où le Théâtre de Verdure semble avoir été construit pour accueillir exactement ce qui s'y passe. Les palmiers qui bordent la scène, l'air tiède qui descend des collines, le ciel de juillet qui vire lentement à l'indigo — tout cela forme un décor que aucun architecte n'aurait osé imaginer. C'est dans ce cadre que le Nice Jazz Festival, l'un des plus anciens et des plus respectés d'Europe, accueillera le James Carter Quintet le 25 juillet 2026, pour une soirée placée sous le signe de John Coltrane.
Le prétexte — si l'on peut appeler cela ainsi — est le centenaire de la naissance de Coltrane, né en 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord. Un siècle après, sa musique n'a rien perdu de sa charge électrique, de cette capacité à désorienter et à élever en même temps. A Love Supreme, Giant Steps, My Favorite Things — ces titres résonnent comme des jalons dans l'histoire du jazz mondial, et leur influence court encore dans les veines de chaque musicien sérieux qui approche le saxophone. Rendre hommage à Coltrane n'est pas un exercice de révérence académique : c'est une prise de risque.
Un saxophoniste qui sidère
James Carter, lui, a l'habitude du risque. Né à Detroit en 1969, formé dans la tradition hard bop mais depuis longtemps inclassable, il s'est imposé comme l'une des voix les plus singulières du jazz contemporain. Le Washington Post l'a dit sans détour :
« Écouter le saxophoniste James Carter, c'est sidérant. »
Ce mot — sidérant — dit beaucoup. Pas simplement impressionnant, pas virtuose au sens mécanique du terme. Sidérant, comme une chose qui frappe et laisse sans voix. Carter joue sur plusieurs saxophones, du soprano au baryton, avec une maîtrise technique qui n'écrase jamais l'émotion. Il y a chez lui quelque chose de l'ordre de la possession — au sens musical du terme — une façon d'habiter un thème jusqu'à en révéler des couches que l'on ne soupçonnait pas.
Confier le répertoire de Coltrane à un tel musicien, c'est parier que la musique survivra à la vénération. Et c'est exactement ce que promet le titre de la soirée : Coltrane : A Centennial Supreme.
Nice, ville de jazz par vocation
Le choix de Nice pour cet hommage n'est pas anodin. La ville entretient avec le jazz une relation ancienne et sincère. Le festival, fondé en 1948, est l'un des premiers du genre en Europe — il a précédé Montreux, il a vu passer Miles Davis, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Nina Simone. Le Théâtre de Verdure, niché dans le Jardin Albert-Ier à deux pas de la Promenade des Anglais, est une scène en plein air qui conserve quelque chose d'artisanal dans sa générosité : les gradins en pierre, la proximité entre musiciens et public, l'acoustique que le vent marin vient parfois contrarier et parfois magnifier.
C'est dans ce lieu que le quintet de Carter prendra place le soir du 25 juillet. Le public qui s'installera ce soir-là n'assistera pas à une reconstitution muséale. Il assistera à une conversation entre un géant du passé et un maître du présent — une conversation que seul le jazz sait tenir avec cette liberté-là.
Pour les informations pratiques et la billetterie, tout se trouve sur le site officiel du festival : nicejazzfest.fr.
