RIVIERA · Nice

Exposition

«J'irai peindre au musée» : Aline Maia et Julie Sonhalder dans le jardin du Château Sainte-Hélène

Deux artistes, un jardin rare, et une toile qui trouve enfin sa conclusion

Nice6 juin3 min
© © Aline Maia, musée international d'art naïf Anatole Jakovsky

Pourquoi y aller

  • Une œuvre achevée en direct dans le jardin
  • Deux artistes disponibles pour échanger
  • Le parc rare du Château Sainte-Hélène comme décor

Il y a des après-midis à Nice où le temps semble suspendre son souffle. Le samedi 6 juin, à 14h, ce sera peut-être dans le parc du Château Sainte-Hélène — cette ancienne résidence du parfumeur François Coty, nichée avenue de Fabron, qui abrite depuis 1982 le Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky. Un lieu qui tient à la fois du domaine familial et du cabinet de curiosités : des essences rares bruissent dans le parc, et à l'intérieur, le Douanier Rousseau côtoie Séraphine, Grandma Moses et Ligabue dans un panorama que l'on dit sans équivalent dans le monde.

C'est dans ce cadre que se jouera, ce samedi-là, quelque chose d'assez rare dans la vie d'une œuvre : son achèvement en public.

Une toile reprise là où elle a été laissée

Tout a commencé lors de la Nuit européenne des musées. Aline Maia y avait entamé une performance de live painting intitulée «J'irai peindre au musée» — un geste à la fois programme et promesse. Ce 6 juin, elle revient pour tenir cette promesse : terminer son œuvre dans le jardin du musée, devant ceux qui voudront bien être témoins de cette dernière main.

Il y a quelque chose de profondément cohérent dans ce choix de lieu et de forme. L'art naïf, tel que le définit la tradition qui a fait la réputation de ce musée, est un art de la vision intérieure — spontané, individuel, affranchi des académismes. Peindre en public, dans un jardin, sous le regard des visiteurs, c'est prolonger cet esprit : l'œuvre n'est pas un objet fini livré derrière une vitre, c'est un acte qui se déroule, qui respire, qui accepte d'être vu dans sa vulnérabilité.

Julie Sonhalder et l'herbier vivant

Aline Maia ne sera pas seule. Julie Sonhalder, qui a travaillé à «mettre en couleur l'herbier vivant du musée», sera elle aussi présente dans le jardin pour peindre et échanger avec les visiteurs. Cette double présence transforme l'après-midi en quelque chose de plus ouvert qu'une simple démonstration : deux démarches, deux regards sur le végétal et sur ce parc particulier, deux façons de faire exister la peinture hors des cimaises.

L'herbier vivant du musée — ce parc aux essences rares qui entoure le château — devient ainsi à la fois sujet et décor. Il y a une logique presque circulaire dans cette idée : le jardin inspire la peinture, la peinture revient au jardin.

«Un cadre intime et familier pour accueillir un art peu connu, qualifié de naïf car spontané, individuel, privilégiant la vision intérieure du peintre.» — Musée Jakovsky

Ce que le musée a toujours su faire — accueillir des œuvres qui parlent directement, sans médiation savante — se prolonge ici dans le geste même de la performance. On ne vient pas assister à une conférence sur la peinture. On vient voir quelqu'un peindre, on peut s'approcher, poser une question, regarder la couleur s'étaler sur la toile en temps réel.

Pour qui connaît le musée, c'est une façon nouvelle d'y revenir. Pour qui ne l'a jamais franchi, c'est peut-être la meilleure introduction qui soit : avant même d'entrer dans les salles où Bauchant, Vivin ou Bombois — dont certaines œuvres proviennent d'un dépôt du Centre Pompidou — racontent deux siècles de peinture naïve, on aura vu de ses propres yeux comment une toile naît et grandit.

Le Musée Jakovsky est situé au 23, avenue de Fabron, à Nice. La performance se tient le samedi 6 juin à partir de 14h, dans le jardin. Pour toute information complémentaire, le site du musée reste la référence : nice.fr.

© Julien Véran, Ville de Nice
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