RIVIERA · Antibes

Exposition

Les rêves de Graham Greene, développés en chambre noire

À Antibes, une exposition photographique ressuscite les errances nocturnes d'un géant des lettres.

Antibes18–19 septembre4 min
© © DR

Pourquoi y aller

  • Une série photographique née de conversations intimes avec Greene
  • Deux jours seulement, en septembre 2026
  • Antibes, ville natale littéraire de Graham Greene

Il y a des villes qui semblent avoir été conçues pour accueillir les écrivains en fuite. Antibes en est une. Graham Greene y a vécu les dernières décennies de sa vie, dans un appartement de la résidence Les Flots, face à une Méditerranée qui n'avait plus grand-chose à lui apprendre. Il aimait cette ville sans ostentation, ce port qui sent le gasoil et le pastis, cette lumière qui n'essaie pas de séduire — elle impose. C'est dans ce décor que l'écrivain de The Quiet American et de Our Man in Havana a vieilli, et c'est ici qu'une exposition photographique vient, en septembre 2026, rappeler que l'œuvre d'un homme ne s'arrête pas à ses livres publiés.

Vingt-quatre lettres visuelles adressées à un fantôme

Les 18 et 19 septembre, la Médiathèque Albert Camus d'Antibes — 19 bis boulevard Chancel — accueille 24 voyages pour Graham Greene, une série de photographies de François Goalec, connu sous le pseudonyme Lookace Bamber. L'homme a habité Cannes puis Vallauris de 1968 à 2001, avant de poser ses valises à Amiens, où il vit et travaille depuis lors. Il appartient donc à cette génération d'artistes qui ont connu la Côte d'Azur avant qu'elle ne devienne un décor de carte postale figé — une côte vivante, contradictoire, traversée de personnages improbables.

La série naît d'une intimité rare : celle de la voiture. Goalec accompagnait Graham Greene dans ses déambulations, et c'est entre deux virages, dans ce huis clos roulant, que l'écrivain se mettait à raconter ses rêves de la nuit précédente. Non pas comme une confidence, mais comme un rituel. Greene les consignait chaque jour par écrit — une obsession documentée, une discipline presque monacale appliquée à l'inconscient. Ces récits fragmentaires, livrés par bribes au fil des trajets, ont traversé Lookace Bamber comme des éclairs et sont restés gravés dans sa mémoire bien après la mort de l'écrivain, survenue en 1991.

« Ce sont les couleurs des rêves et les turpitudes silencieuses de Graham Greene qui m'incitèrent et m'incitent encore à ce jour à poser mon regard sur la beauté carnassière de ce Monde. »

Ce que la photographie garde quand la mémoire vacille

La notion de «lettre photographique» que revendique l'exposition dit quelque chose d'essentiel sur la démarche. Il ne s'agit pas de portraits de Greene, ni de reconstitutions biographiques. Il s'agit d'images adressées — à un absent, à une époque, à soi-même peut-être. Lookace Bamber écrit, dit-il, «dans les labyrinthes du hasard, au gré des errances du Monde». Cette formule résonne particulièrement à Antibes, ville de passage et de résidence, de touristes de passage et d'expatriés enracinés, de soleil violent et de mélancolie tranquille.

Graham Greene lui-même était un homme des labyrinthes. Espion, catholique tourmenté, romancier du doute moral — il avait choisi Antibes non par caprice mais parce que la ville lui offrait cette distance exacte avec le monde qu'il lui fallait pour continuer à l'observer. La Médiathèque Albert Camus, qui porte le nom d'un autre écrivain profondément méditerranéen, est un lieu où cette mémoire littéraire trouve naturellement sa place.

L'exposition se tient sur deux journées seulement. Vingt-quatre images, vingt-quatre voyages — autant que de lettres dans un alphabet, autant que d'heures dans une journée de rêves consignés. Le format court n'est pas une contrainte : il est une invitation à regarder lentement, à rester devant une image le temps qu'elle parle, comme on resterait dans une voiture après être arrivé à destination, parce que la conversation n'est pas terminée.

Pour les informations pratiques — horaires, conditions d'accès — la médiathèque est joignable via son site : ma-mediatheque.net. Antibes se mérite toujours un peu, même en septembre, quand la saison commence à se retirer et que la ville reprend son souffle. C'est précisément le bon moment pour aller voir ce que Graham Greene rêvait, la nuit, au bord de cette mer qu'il ne voulait plus quitter.

© CASA

Questions fréquentes

Qu'est-ce que c'est ?

Exposition photo de Lookace Bamber à la Médiathèque Albert Camus d'Antibes, 18-19 sept. 2026 — 24 images nées des rêves de Graham Greene.

Quand a lieu l'événement ?

18–19 septembre

Où se déroule l'événement ?

Médiathèque Albert Camus - Antibes, 19 bis bd chancel 06600 antibes

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