Il y a, derrière le ruban bleu de la Méditerranée, une autre Côte d'Azur. Celle des ruelles pavées qui sentent la pierre chaude, des fontaines où l'eau coule encore, des vieux qui jouent aux boules à l'ombre d'un platane centenaire. À vingt minutes de Menton en voiture — et à plusieurs siècles de distance psychologique — les villages perchés de l'arrière-pays gardent une façon d'être au monde que le littoral a depuis longtemps oublié.
Le 25 août 2026, l'Office de Tourisme de Menton propose une excursion guidée à la journée à la rencontre de deux de ces villages : Sainte-Agnès et Gorbio. Le départ se fait depuis le 8 avenue Boyer, siège de l'Office de Tourisme, à Menton. Pour les conditions tarifaires et les horaires précis, il convient de se rapprocher directement de l'organisateur via le site menton-riviera-merveilles.fr.
Deux villages, deux caractères
Sainte-Agnès se présente volontiers comme le village perché le plus méridional d'Europe — une affirmation que les géographes nuancent, mais que les habitants défendent avec la conviction tranquille de ceux qui vivent à 671 mètres d'altitude face à la mer. De là-haut, par temps clair, la vue embrasse le golfe de Menton, la frontière italienne, et les îles qui flottent à l'horizon comme des mirages. Le village a conservé ses ruelles médiévales, ses jardins suspendus, ses artisans qui travaillent la céramique ou le bois dans des ateliers grands comme des placards.
Gorbio, quelques kilomètres plus loin dans les collines, est d'une autre nature : plus secret, moins visité, presque jaloux de sa tranquillité. Le village est connu pour sa Procession des Limaces, cérémonie nocturne de la Fête-Dieu où les habitants éclairent les ruelles à la lueur de coquilles d'escargots remplies d'huile — une tradition qui remonte au XVIIe siècle et que l'on ne voit nulle part ailleurs. Même en dehors de cette nuit particulière, Gorbio conserve quelque chose d'intime et d'insaisissable que les guides touristiques peinent à décrire.
« L'arrière-pays mentonnais, c'est la Riviera sans le bruit. »
Artisans, table et saveurs locales
L'excursion ne se limite pas à regarder des façades. La journée prévoit des visites commentées des deux villages, des rencontres avec des artisans passionnés — une façon concrète de comprendre comment ces communautés maintiennent vivants des savoir-faire que la modernité aurait pu emporter — et un déjeuner dans un restaurant local. Ce repas n'est pas un détail : dans l'arrière-pays, la table est souvent le meilleur endroit pour comprendre un territoire. La cuisine de ces villages doit beaucoup à la proximité de l'Italie et à une tradition paysanne qui valorise les herbes sauvages, les légumes de saison, l'huile d'olive des collines.
Menton elle-même est une ville qui prend la gastronomie au sérieux. Capitale mondiale du citron — du moins selon ses habitants, et l'argument est difficile à contester —, elle a développé une culture culinaire singulière, à la croisée de la Provence et de la Ligurie. Partir de Menton pour aller déjeuner dans un restaurant de village perché, c'est prolonger cette logique : chercher la saveur là où elle naît, pas là où on la met en scène.
Pour les amateurs de marche, l'excursion s'inscrit naturellement dans une pratique plus large. L'arrière-pays mentonnais est sillonné de sentiers balisés qui relient ces villages entre eux et à la côte. Mais la formule guidée du 25 août offre autre chose : un regard accompagné, des portes qui s'ouvrent, des rencontres qui ne s'improvisent pas. C'est la différence entre traverser un village et le comprendre.
Août, sur la Côte d'Azur, est le mois de tous les excès — chaleur, foule, bruit. Remonter vers les collines ce jour-là, c'est choisir le contre-pied élégant de la saison. À Gorbio et Sainte-Agnès, l'été a une autre couleur : celle des cigales dans les chênes, de l'ombre fraîche des ruelles, d'un verre de rosé local bu sans se presser. La mer est là, quelque part en bas, mais elle peut attendre.
