Il y a des endroits où le temps s'écoule différemment. Le Suquet en fait partie. Perché au-dessus de la Croisette et de ses agitations mondaines, ce vieux quartier de pêcheurs conserve quelque chose d'irréductible — une manière d'être à Cannes sans en être le reflet. C'est là, sur la place de la Castre, que se dresse le musée des explorations du monde, logé dans les murs d'un ancien monastère fortifié. Un après-midi de vendredi d'août, le soleil tape sur les pierres ocre, et à l'intérieur, quelque part entre un masque cérémoniel d'Océanie et une pièce d'armement précolombien, une guide commence à parler.
Un tour du monde en soixante minutes
Le vendredi 21 août 2026 à 14h30, le musée propose une visite guidée d'une heure à travers ses collections permanentes. Le parcours emmène les participants sur cinq territoires : l'Himalaya, l'Arctique, l'Amérique centrale, l'Océanie et l'Afrique. Cinq régions du monde, cinq manières d'habiter la terre, réunies dans les salles d'un musée qui a su, depuis des décennies, faire de Cannes bien plus qu'une ville de festival. La visite s'inscrit dans la programmation estivale « L'été à Cannes 2026 », qui jalonne la saison de propositions culturelles accessibles à tous.
Le musée des explorations du monde — anciennement connu sous le nom de musée de la Castre — doit son identité à une collection constituée au XIXe siècle par le baron Lycklama à Nijeholt, voyageur hollandais qui sillonna l'Orient et en rapporta des milliers d'objets. À cette base fondatrice se sont ajoutées, au fil des ans, des pièces ethnographiques, archéologiques et artistiques venues des quatre coins du globe. Ce que l'on voit aujourd'hui n'est pas une accumulation de curiosités exotiques : c'est une lecture du monde par ses objets, par ce que les hommes ont fabriqué, porté, offert, utilisé pour survivre ou pour célébrer.
« Les objets voyagent mieux que les hommes — ils arrivent intacts là où les récits se déforment. »
Ce que l'on rapporte d'une heure dans ces salles
Passer de l'Himalaya à l'Arctique en quelques pas, c'est évidemment une métaphore. Mais c'est aussi une expérience concrète, presque physique, que seul un espace muséal bien conçu peut offrir. Le guide — ou la guide — fait le travail de la transition : il relie, contextualise, raconte. Il transforme un masque en récit, un outil en mode de vie. Pour les familles avec enfants, pour les voyageurs de passage qui n'ont qu'un après-midi, pour les Cannois qui n'y sont pas retournés depuis trop longtemps, cette heure guidée est une façon de remettre les choses à leur juste échelle.
Les tarifs ont été pensés pour ne pas décourager : 8,50 € en plein tarif (entrée + visite), 5,50 € en tarif réduit pour les 18-25 ans, les porteurs du Cannes Pass Culture et les membres APC Aventura. Pour les moins de 18 ans, les étudiants, les demandeurs d'emploi et les personnes en situation de handicap accompagnées ou non, le tarif descend à 2 €. Une politique tarifaire qui dit quelque chose sur la manière dont la ville conçoit l'accès à la culture.
Le lieu lui-même mérite qu'on s'y attarde avant ou après la visite. La tour du Suquet, qui jouxte le musée, offre l'un des panoramas les plus francs sur la baie de Cannes et les îles de Lérins. En août, en fin d'après-midi, la lumière y est particulière — cette lumière méditerranéenne qui a fait la fortune des peintres et continue, imperturbablement, de faire la nôtre. Monter jusqu'ici après avoir traversé l'Himalaya et l'Arctique en imagination, c'est retrouver la Méditerranée avec des yeux neufs.
Cannes sait être spectaculaire. Elle sait aussi, quand on lui en laisse le temps, être discrète et précise. Ce vendredi 21 août, place de la Castre, c'est cette Cannes-là qui se donne rendez-vous.
