Il y a des après-midis de septembre où l'air sent encore l'été mais où quelque chose a changé — une légèreté nouvelle, une envie de s'asseoir, d'écouter, de reprendre le fil. Cannes, ce samedi-là, ne sera pas encore tout à fait revenue de ses plages. Et pourtant, avenue Jean de Noailles, la Médiathèque Noailles aura déjà allumé ses lumières pour quelque chose de plus discret, de plus intime que les grands rendez-vous de la Croisette : un simple café entre lecteurs.
Le Café des lecteurs de la Médiathèque Noailles se tient le samedi 12 septembre 2026 à 15h, pour une durée de deux heures. L'entrée est gratuite, mais la réservation est obligatoire — on appelle le 04 97 06 44 83, on réserve sa place, et on vient avec un livre, ou sans, mais avec l'envie de parler de ce qu'on a lu. Le principe est celui du partage : chacun peut présenter un coup de cœur, une lecture qui l'a marqué, et découvrir ceux des autres participants. Rien de solennel, rien de savant. Juste des lecteurs qui se parlent.
La rentrée littéraire, vue depuis une médiathèque
La rentrée littéraire française est un phénomène à part entière. Chaque automne, plusieurs centaines de romans débarquent en librairie en l'espace de quelques semaines — un flot qui peut autant donner le vertige que l'appétit. Les grandes émissions littéraires s'emballent, les prix commencent à circuler, et l'on se retrouve vite à ne plus savoir par où commencer. C'est précisément dans cet espace-là que le Café des lecteurs trouve son sens : non pas pour suivre la liste des parutions, mais pour entendre ce que des gens ordinaires, des voisins, des habitués de la médiathèque, ont choisi de lire et pourquoi.
«Un coup de cœur, ça ne s'explique pas toujours — mais ça se raconte.»
La Médiathèque Noailles est l'une des bibliothèques publiques les plus fréquentées de la ville. Installée au cœur de Cannes, elle porte le nom du quartier et de l'avenue qui l'accueille, dans un secteur où la ville vit à une échelle humaine, loin de l'agitation des festivals. Elle propose régulièrement des animations autour du livre et de la lecture pour tous les publics — et le Café des lecteurs s'inscrit dans cette tradition de rendez-vous ouverts, sans hiérarchie entre les genres ni les goûts.
Ce qu'on y fait, concrètement
Deux heures, c'est le temps d'une belle conversation. Le format du café littéraire — né dans les années 1990 en France, popularisé dans des centaines de cafés et bibliothèques à travers le pays — repose sur un principe simple : la parole circule librement autour d'un livre, d'un auteur, d'une lecture. Pas de conférencier, pas de programme imposé. Les participants apportent ce qu'ils ont aimé, ce qui les a surpris, ce qui les a dérangés parfois. Et de cette conversation naît souvent une liste de lectures qu'on n'aurait jamais constituée seul.
Pour ceux qui habitent Cannes ou qui s'y trouvent ce week-end de septembre, c'est une façon de commencer l'automne différemment — non pas devant un écran, mais autour d'une table, avec des gens qui lisent. La gratuité de l'événement dit quelque chose d'important sur ce que la médiathèque veut être : un lieu public au sens plein du terme, où la culture ne coûte rien d'autre que du temps et de l'attention.
On réserve sa place en appelant le 04 97 06 44 83. On arrive avenue Jean de Noailles à 15h, avec ou sans livre sous le bras. Et on repart, deux heures plus tard, avec quelques titres griffonnés sur un bout de papier — et l'envie de lire jusqu'à la prochaine fois.
